Le Parti de Gauche, 8 rue Chassagnolle, 93260 Les Lilas - Mercredi 22 Mai 2013 - 02h49 COMMUNIQUÉ : Non au lundi de corvée ! Mardi 21 Mai 2013, Guillaume Etievant, Secrétaire National à l'économie et au travail Ce lundi 20 mai des millions de salariés viennent une nouvelle fois de travailler sans toucher de salaire. Il est urgent de mettre un terme à ce système digne d’un autre temps. Cela devrait être chose facile pour l’actuel gouvernement puisque dans le cadre du débat portant sur la mise en place de la journée de solidarité, Jean Marc Ayrault, alors président du groupe PS à l’Assemblée, déclarait lors de la séance du mercredi 16 juin 2004 à l’attention du gouvernement de l’époque : « Vous demandez aux Français de travailler une journée sans être payés rétablissant en quelque sorte la corvée ». Comme sur tant de sujets, ce dernier semble aujourd’hui atteint d’amnésie. ARTICLE VIE DE GAUCHE : Londres - Manifestation de soutien au NHS Mardi 21 Mai 2013, Parti de Gauche Europe du Nord Le National Health Service (équivalent de notre Sécurité sociale) est en péril. l’emblème historique du service public britannique est volontairement saigné par les financiers. Une manifestation de soutien au NHS a été organisée le samedi 18 mars à Londres par une coalition de personnel hospitaliers, résidents concernés, partis politiques, syndicats et associations de santé publique. Ils se sont réunis pour sonner l’alarme: les plans du gouvernement actuel du Royaume-Uni (coalition Tories / LibDem) constituent la plus grosse menace aux services de santé publique depuis au moins une génération: fermeture programmée d’hôpitaux "non rentables", disparition de places dans des maternités et cliniques locales, multiplication des partenariats public-privé qui ruinent les hôpitaux le budget de l’état et des municipalités locales, et abandonnent le service public. Le Parti de Gauche de Londres participait a cette manifestation, en compagnie de nos partenaires locaux (Green Party, Coalition of Resistance, Left Unity, syndicats, etc.) Quelques photos de l’événement, qui a réuni environ 5000 personnes: https://plus.google.com/photos/103368051067106817020/albums/5879344054483726289 Exemple londonnien: Les nouveaux hôpitaux de Woolwich et de Farnborough (grande banlieue) ont coûté 210 millions de livres. Le consortium qui a emporté le marché inclut Barclays Private Equity et d’autres grosses machines à fric. Le gang se nomme Private Finance Initiative (PFI). PFI est une machine à ruiner le NHS pour mieux le privatiser. Le NHS les a déja payé à hauteur de 535 millions de livres en intérêts, soit plus du double du cout de construction des hôpitaux sus-cités. Le contrat s’étend jusqu’à 2032 ; le total des paiements perçus par PFI s’élèvera alors à 2,5 milliards!!! (environ 3 milliards d’euros) Ces paiements d’intérêts faramineux (60 millions de livres cette année) ont ruiné le NHS pour Greenwich, Bromley et Bexley (des municipalités londoniennes). C’est le prétexte utilisé pour fermer aujourd’hui le service des urgences de Lewisham (sud de Londres) et pour liquider d’autres parties du NHS. COMMUNIQUÉ : Construction du ministère de la Défense - Le PG avait vu juste Mardi 21 Mai 2013 Le Canard enchaîné a cette semaine dévoilé les grandes lignes d’un rapport interne au Ministère de la Défense confirmant que le groupe Bouygues a été favorisé, via des fuites sur l’appel d’offre, pour remporter le juteux marché de la construction du nouveau ministère de la Défense. Pire, le ministre de la Défense Gérard Longuet aurait tout fait pour bloquer les enquêtes internes à ce sujet, allant jusqu’à faire pression sur des hauts fonctionnaires. Sous réserve que ces faits graves soient confirmés par la justice, M. Le Drian doit en tirer les conclusions en annulant ce contrat. La suite logique devrait être de dénoncer la méthode inacceptable du Partenariat Public Privé pour la construction de ce nouveau ministère, ou de toute autre infrastructure publique. Pour rappel le PG avait, dès la passation du contrat, dénoncé les conditions de construction de ce nouveau ministère. Voici le communiqué publié à l’époque: Nouveau ministère de la défense : nouveau cadeau aux riches amis du président ! Mardi, 07 Juin 2011 Mardi 31 mai, dans l’indifférence générale du système médiatique français, le ministre de la défense Gérard Longuet a signé un contrat de partenariat public privé (PPP) pour la construction du nouveau ministère de la Défense à Balard. Et pas avec n’importe quelles entreprises ! Avec un consortium mené par Bouygues et un pool bancaire composé de Natixis, Dexia, la Société Générale et BBVA. Rien que ça ! Au prétexte de « réaliser des économies » et d’obtenir de « meilleurs résultats », ce partenariat représente en fait un nouveau triomphe des intérêts du capital et de leurs représentants au sommet de l’Etat. Loin de permettre des économies, il coûtera à long terme très cher aux finances publiques, et partant aux contribuables. Avec un total évalué à 3,5 milliards d’euros répartis entre un investissement initial de 720 millions et d’exorbitants loyers annuels de 150 millions qui seront versés par l’Etat pendant 27 ans, la construction et la maintenance du ministère constituent une véritable manne pour les riches amis du président. Dénoncée à plusieurs reprises par l’ordre des architectes, cette stratégie est une vraie bombe à retardement. Elle permettra à quelques grands groupes de se goinfrer pendant des dizaines d’années sur le dos du contribuable, voué à payer la dette engendrée des années durant. Pire, les conditions de direction des travaux laissent présager d’un alourdissement croissant de la facture. Au nom des contraintes immédiates de gestion, la maîtrise d’ouvrage publique, garante de l’intérêt public et de la bonne exécution des ouvrages, va en effet voir ses prérogatives rognées et transférées au secteur privé. Autant de nouvelles dépenses en perspective. Bref, comme l’a récemment dénoncé le trésorier du Conseil national des architectes dans le journal Les Echos , le gouvernement et quelques technocrates néolibéraux démantèlent volontairement les pouvoirs de l’Etat dans cette affaire. Avec toutes les conséquences que cela peut supposer (possible non conformité du nouveau ministère aux normes techniques, financières, juridiques, et in fine mise en cause de sa fonctionnalité). Le Parti de Gauche dénonce la mise en coupe réglée de la richesse nationale par ceux qui, lorsqu’il s’agit de rogner sur les dépenses de santé ou d’éducation, ne cessent d’agiter l’épouvantail de la dette. Il dénonce les cadeaux faits à quelques grands groupes capitalistes sur le dos d’une défense nationale déjà mise à mal par un alignement atlantiste sans précédent. ARTICLE VIE DE GAUCHE : Retour des Glières : Construire un nouveau CNR en intégrant la dimension écologique, une lecture contemporaine des Jours Heureux Lundi 20 Mai 2013 J’étais invitée au rassemblement annuel des "Citoyens et Résistants d’hier et d’aujourd’hui" au plateau des Glières les 18 et 19 mai derniers. Des années que je crevais d’envie d’y aller. Et je n’ai pas été déçue. Diable, ce fut riche... Le dimanche matin, nous nous sommes retrouvés avec mes camarades élus FDG de Rhône Alpes sur le plateau des Glières sous une averse de neige fondue pour écouter, transis sous nos cirés mais émus, les témoignages venus de Notre Dame des Landes, d’Olivier Leberquier des Fralib et des résistants d’hier, très virulents sur la politique actuelle. Tous ont dénoncé les promesses non tenues du Président Hollande, fustigeant notamment la politique menée par le Ministre Valls vis à vis des Roms, et rappelant la disparition du terme de "race" votée tout récemment grâce aux parlementaires du Front de Gauche. La veille, sur le lieu des débats dans le village de Thorens Glières, j’avais déjà eu le plaisir de retrouver sous les chapiteaux Alexis Corbière avec mes camarades du PG, pour certains venus du Rhône, mais aussi des camarades de lutte comme Daniel Ibanez, du collectif d’opposants au Lyon-Turin. Plaisir également de retrouver Aurélien Bernier avec qui nous n’avons pas manqué d’échanger sur les questions européennes et son prochain bouquin, et de faire la connaissance autour d’un repas de Michel Warschawski, venu directement d’Israël. Avec cette figure du combat militant et pacifiste de la gauche israélienne, nous avons pu échanger sur la délégation du PG en Palestine à laquelle j’avais participé et sur les élections en cours dans la 8e circonscription des français de l’étranger pour laquelle j’étais à Rome il y a quelques jours, et qui englobe également Israël. Des moments fugaces mais précieux. Lire la suite sur le blog de Corinne Morel Darleux VU D’AILLEURS : Les invités de Mediapart - La France doit rompre pour transformer l'Europe Lundi 20 Mai 2013, Eric Coquerel et Guillaume Etievant En reprenant la « vieille idée » d’un gouvernement économique de la zone euro, François Hollande veut faire croire que davantage d’intégration serait le remède à la crise. Une mauvaise stratégie car « l’objectif social reste à l’état de néant » pour Eric Coquerel et Guillaume Etievant, du Parti de Gauche. Ils plaident pour un abandon des recettes ultralibérales et estiment que seule la France peut imposer un changement de modèle européen à l’Allemagne. François Hollande a relancé jeudi 16 mai la vieille idée d’un gouvernement économique de la zone euro, fer de lance d’une union politique. Ce gouvernement « se réunirait tous les mois autour d’un véritable président nommé pour une durée longue ». La stratégie du président de la République est claire : alors que le peuple français souffre de sa politique néolibérale, il allume des contrefeux en attribuant à davantage d’intégration européenne le rôle de remède miracle. Ce procédé n’est pas neuf. Pendant les années 1980, Jacques Delors expliquait qu’il fallait faire l’Europe politique pour qu’elle devienne ensuite sociale. Même procédé lors des débats sur le traité de Maastricht : une monnaie unique accélèrerait la construction de l’Europe politique, qui deviendrait ensuite, enfin, sociale. Toute l’histoire de la construction européenne démontre l’inefficacité de cette méthode. L’objectif social reste à l’état de néant tandis que l’intégration européenne progresse, mais au détriment grandissant de la souveraineté populaire et au profit du système financier et des marchés. L’échec de cette stratégie social-démocrate est patent. Cette stratégie peut se résumer ainsi : accélérer l’édification du contenant pour ensuite établir un rapport de forces à même d’en changer le contenu. On voit le résultat : c’est la social-démocratie qui a changé, gagnée par le poison libéral, et désormais interchangeable avec les partis de la droite européenne. François Hollande continue cette stratégie d’apparence schizophrène : accumuler les réformes ultralibérales en prétendant construire l’Europe sociale. Et les réformes ultralibérales, il connaît. C’est d’ailleurs le seul domaine dans lequel il est efficace. Il assume même fièrement sa supériorité sur la droite en ce qui concerne la compétitivité, la baisse des dépenses publiques, la réforme du marché du travail. Si la mobilisation et le rapport de force politique à gauche ne l’en empêchent pas, François Hollande compte donc appliquer pour son an II des recettes néolibérales qui ont déjà plongé le pays dans la récession à l’issue de sa première année à l’Elysée. Ce qui lui reste d’aspiration sociale dépend donc de l’Europe. C’est sans doute le plus grave dans son discours, car on peut craindre qu’Angela Merkel saisisse au bond sa proposition d’accélérer l’union politique et de mettre en place un président de la zone euro. Nous connaîtrions, après Maastricht, une nouvelle catastrophe. Le principe est en effet le même : partant d’un besoin juste –une monnaie internationale suffisamment forte pour contrebalancer le dollar et donc la puissance étatsunienne– la France a accepté les conditions allemandes pour la monnaie unique. Cela a consisté à créer un euro mark surévalué, trop fort pour l’économie de la plupart des autres pays européens, le tout sans aucune harmonisation sociale et fiscale permettant d’en limiter les effets. Le système est en plus cadenassé par la gardienne du temple monétariste : une Banque centrale européenne (BCE) indépendante du pouvoir politique mais pas du système financier. Le bilan est tragique : les économies européennes incapables de faire face à la crise de 2008 ont plongé dans la récession et dans l’instabilité financière. La domination des Etats-Unis, elle, n’a pas été entachée. Un pas de plus va d’ailleurs être franchi en ce sens avec le grand marché transatlantique. Il sera bientôt en place et établira la primauté du droit étatsunien, après un processus de quinze années de négociations obscures entre la Commission européenne et le ministère américain du commerce. Si l’Allemagne acceptait de renforcer la gouvernance politique de l’Europe, nous ferions face à un transfert de souveraineté accru pour concentrer plus de pouvoir à Bruxelles et Francfort au service de la doxa libérale. Mme Merkel propose par exemple de faire élire au suffrage universel le président de la Commission européenne, qui détiendrait une légitimité incomparable sans en réalité avoir à rendre de compte aux 560 millions d’électeurs européens et aux parlements nationaux renvoyés à un rôle folklorique. Cette vision orwellienne de la démocratie n’amènera aucune convergence par le haut. Il suffit d’entendre quelques secondes du moindre discours des ectoplasmes libéraux Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, et José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et de Mme Merkel elle-même, pour s’en convaincre. Si François Hollande voulait vraiment une convergence par le haut, il ferait des choix radicalement différents. Pour transformer la construction européenne, il faut d’abord se persuader qu’elle ne vaut que si elle est tournée vers l’intérêt général. Elle n’est en rien une fin en soi mais un moyen pour permettre le progrès humain pour les peuples. Affirmer cet axiome a pour conséquence de ne pas craindre une crise et des ruptures pour tenter de la faire bifurquer. La crise est de toute manière déjà là. Lire la suite sur Mediapart DIRECT DE BLOG : Amnistie: quand Hollande fait pire que Pompidou Lundi 20 Mai 2013 Crédit photo photosdegauche.fr (alexis_cesar) J’ai assisté jeudi matin dans les tribunes du public de l’assemblée nationale au débat sur la proposition de loi du Front de Gauche sur l’amnistie. Déjà, je dois dire que cela m’a fait tout drôle d’assister à un débat à l’assemblée, c’était la première fois depuis juin dernier. Mais cette fois-ci j’étais spectatrice et plus actrice. J’ai découvert au passage qu’en tant que ancienne députée j’avais le droit d’assister sans passer par la demande de billet de séance alors que j’avais eu l’information contraire. Pas grave, un ami fidèle m’avait permis d’obtenir un billet que je n’ai donc finalement pas utilisé. Dorénavant, en tous les cas, je le saurai et si l’envie me prend de venir faire un tour pour écouter, je n’aurai qu’à pousser la porte. Pourquoi le faire depuis les tribunes du public plutôt que devant son ordinateur ? La vision n’est pas du tout la même, là on voit les mimiques, les gestes, les réactions et parfois c’est très instructif. Pas toujours facile ces 2 heures et demi où je suis restée : l’envie d’intervenir me démangeait ! J’ai pris consciencieusement des notes car le moment était d’importance et je ne voulais pas me tromper sur ce que je retransmettrai ensuite. A l’heure où je vous écris, le compte-rendu a été mis sur le site de l’assemblée http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2012-2013/20130239.asp . Cela a été rapide, ce n’est pas toujours le cas. Vous pourrez donc vérifier ce que je vais vous raconter. Le premier à prendre la parole a été le représentant du gouvernement. Au Sénat, c’était Christiane Taubira. Mais comme ayant salué le vote de cette loi et le gouvernement ayant entre temps changé de position, il lui était difficile de venir se dédire à l’assemblée. C’est donc Alain Vidalies,ministre chargé des relations avec le parlement qui s’y est collé. Déjà, la semaine dernière, lorsque je l’avais vu déclarer que François Hollande avait toujours été contre l’amnistie, cela m’avait fait bizarre. Nous avions mené tant de combat commun pendant les 10 ans de gouvernement UMP en défense des droits des travailleurs et des syndicats. Je me disais en l’écoutant, ce n’est pas possible qu’il pense vraiment ce qu’il est en train de dire, il est devenu schizophrène. Au passage, on ne peut que se demander quand Hollande dit la vérité : lorsqu’il nous reçoit à l’Elysée avec Jean-Luc Mélenchon et qu’il répond à notre demande que c’est une bonne idée ? Ou lorsqu’il fait dire à son ministre qu’il a toujours été contre et qu’il le redit jeudi en conférence de presse ? Mais en osant faire un parallèle ignoble et inadmissible entre les casseurs du Trocadéro et les syndicalistes pour justifier son refus. Tout le discours d’Alain Vidalies a eu pour objectif de démontrer qu’il n’y avait absolument pas lieu de voter de loi d’amnistie: « Nous pouvons donc comprendre que, du fait de la situation économique et sociale, certaines personnes soient conduites à défendre leurs droits fondamentaux, à défendre les services publics et la protection sociale. Cela étant, le vote d’une loi d’amnistie n’est pas une question de droit social, mais exclusivement une question de droit pénal. » Donc « le Gouvernement est opposé à toute amnistie, qui même appelée sociale, reste toujours une amnistie pénale. ».. « Pour le Gouvernement, on ne peut traiter de la souffrance sociale par un traitement moral qui viendrait distribuer à telle ou telle catégorie le pardon public. Car nous devrions, de surcroît, recommencer régulièrement ». Pour lui visiblement être réprimé lorsqu’on se bat pour ses droits est normal et on ne peut et ne doit rien faire contre ! Donc « Personne ne peut s’exonérer du débat sur le respect de la loi républicaine. Et si l’on acceptait d’envisager sa remise en cause par le vote d’une loi d’amnistie, chacun comprendrait dès lors qu’il est quasi impossible de hiérarchiser la légitimité des transgressions à la loi. » Il y a toujours eu des militants pour transgresser les lois existantes afin de les faire évoluer et heureusement : peut-être est-ce son jeune âge à l’époque qui lui fait oublier que François Mitterrand et Laurent Fabius ont été inculpés pour avoir soutenu les radios libres sous Giscard et notamment créer Radio Riposte. Ou les hommes et les femmes qui se sont battus pour l’IVG y compris en pratiquant des avortements clandestins ou en revendiquant de s’être fait avorter comme le manifeste des 343. Plus près de nous des faucheurs volontaires ont transgressé la loi et ont été condamnés avant que celle-ci n’interrompe la diffusion des OGM dans notre pays. Ils ne seront donc pas amnistiés. Mais le ministre ne pouvait ignorer que le délit d’offense à chef de l’état, cette survivance monarchique inimaginable contenu dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse, venait d’être supprimé la veille, mercredi 15 mai et ce grâce à la ténacité de Hervé Eon, militant du PG, sanctionné pour avoir brandi une pancarte « casse-toi pauvre con » et qui a fait condamner la France par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) le 14 mars dernier pour violation de la liberté d’expression. Avec le refus de la loi d’amnistie, et malgré l’abrogation du délit, les lois ne pouvant être rétroactives, sa condamnation demeure. Mais le pire du PS était encore à venir avec l’intervention de Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des Lois. D’entrée de jeu, il a froidement expliqué qu’il ne voulait pas que le texte revienne en commission parce qu’il voulait son rejet le jour même. « Certes, le principe des lois d’amnistie est constitutionnel. Mais ces lois apparaissent toujours pour les magistrats, pour les policiers, pour les gendarmes, comme un acte incompréhensible. » Donc, si on suit Mr Urvoas on ne doit voter aucune loi qui déplairait à ces catégories. On comprend mieux le recul de Manuel Valls sur les récépissés de contrôle d’identité ! On n’est même plus dans le gouvernement des juges mais dans celui des fonctions régaliennes devenant supérieur au pouvoir du parlement. Depuis François Hollande, dans sa conférence de presse a expliqué qu’il pourrait y avoir des grâces individuelles. Pire que tout : le fait du prince. Au secours, il est plus que temps d’arrêter cette dérive et de passer à la 6è République où la souveraineté populaire soit remise à sa place, c’est à dire au centre de la décision. Le PS et le gouvernement nous ont donc expliqué que cette proposition de loi n’entrait pas dans le cadre des lois d’amnistie événementielles qui permettent la réconciliation nationale comme celle portant amnistie des faits en lien avec la guerre d’Algérie ou celle concernant Mai 68 ou enfin celle votée pour la Nouvelle-Calédonie. Le gouvernement s’est bien gardé de citer la loi du 21 décembre 1972, votée à l’unanimité à l’époque et promulguée par Georges Pompidou qui était président de la République. Elle amnistiait les « faits commis à l’occasion de conflits relatifs à des problèmes agricoles, ruraux, artisanaux ou commerciaux ou de conflits du travail. « . Le groupe socialiste à l’Assemblée Nationale avait d’ailleurs lui aussi déposé une proposition de loi identique dont le premier signataire était François Mitterrand, et il vota donc cette amnistie. L’orateur socialiste, M. Raoul Bayou, aura ces propos lors de la séance du17 octobre 1972 : «si vous êtes partisan d’une loi bancale, limitative et rancunière, ne comptez pas sur nous . Vous iriez ainsi à l’encontre de l’avenir, de la paix sociale, de la nation . (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste.) » Quel dommage que le PS d’aujourd’hui n’ait pas cette grandeur d’âme ! La droite a été pareille à elle-même dans l’outrance, notamment Bernard Accoyer de l’UMP, signataire en 2008 d’une proposition de loi d’amnistie pour les délits fiscaux. Mais il n’a évidemment pas manqué d’appuyer là où cela faisait mal pour le PS, divisé entre le vote de la proposition de la loi, le rejet et le renvoi en commission c’est à dire aux oubliettes : « Mes chers collègues de la majorité présidentielle, renoncez à cette synthèse molle, ayez le courage, comme le président de notre commission des lois, de voter avec nous contre ce texte. ». Quant à la petite fille Le Pen ses références sont l’amnistie pour la monarchie ou une citation de Richard Nixon. Le message du gouvernement est très clair : on ne peut pas voter de loi d’amnistie si tous les groupes ne sont pas d’accord. Ainsi à propos de l’amnistie des petits commerçants du CIDUNATI « Tous les groupes politiques de l’Assemblée nationale de l’époque avaient déposé chacun une proposition de loi, et il s’en était suivi une démarche consensuelle et commune, totalement conforme à ce que, du point de vue républicain, doit être et rester l’amnistie. » Or, comme la droite, porte parole du Medef, en aucun cas n’acceptera, il n’y aura jamais d’amnistie pour les travailleurs qui luttent contre des régressions sociales gouvernementales ou contre des abus patronaux. Le gouvernement a donc choisi l’enterrement avec le renvoi en commission sous des prétextes fallacieux comme le relevait Marc Dolez « je suis quelque peu surpris de la proposition du groupe SRC de renvoyer le texte en commission, même si l’annonce nous en a été faite par les gazettes il y a quelques heures déjà : cela revient à dire que le travail en commission n’aurait pas été satisfaisant et qu’il faudrait le reprendre. Ma surprise est d’autant plus grande que cette proposition vient d’un groupe qui n’a pas déposé un seul amendement lors de la réunion de la commission des lois le 24 avril dernier. » et qui a même voté contre des amendements proposés par les députés FG alors que ensuite les arguments utilisés pour le renvoi en commission correspondent justement à ces amendements. Le renvoi a été voté par le PS, la droite s’abstenant. Pour le passage au débat se sont exprimés pour, les députés du Front de Gauche, ceux d’EELV et au moins un député PS (Serge Janquin, député du Pas-de-Calais), Jérôme Guedj n’ayant pas ce courage et se contentant se s’abstenir. Nous ne sommes pas prêts d’oublier ce lâchage du gouvernement. VU D’AILLEURS : L'Humanité - Mélenchon à Cannes pour parler de "marché transatlantique" Lundi 20 Mai 2013 Le co-président du Parti de gauche (PG) Jean-Luc Mélenchon était samedi en "terre de mission" dans la région cannoise, où il est venu parler "marché transatlantique" et "valeur du travail" avec des professionnels du cinéma et des salariés de l’hôtellerie et assister au festival "Visions sociales". "Ici, on est en terre de mission. Nous sommes la lumière chez les barbares. Ici c’est le règne de l’argent et de toutes les valeurs qui vont avec", a estimé le responsable politique, interrogé par l’AFP en marge de son déplacement. Pour lui, ce déplacement à Cannes est une forme de "retour". "On reprend le terrain partout", a-t-il ajouté, entouré de militants ou sympathisants du Front de gauche venus assister au festival "Visions sociales" qui se déroule du 18 au 26 mai à Mandelieu-La-Napoule, près de Cannes (Alpes-Maritimes). Un festival de cinéma engagé, présidé cette année par Costa-Gavras, à 10 kilomètres à peine de la Croisette. "Le Festival de Cannes a été créé à la Libération par la CGT, les communistes et les socialistes, peu de gens le savent (...), pour répliquer à la Mostra fasciste à Venise. (...) Et on se l’est fait piquer, progressivement, c’est devenu le +top lieu+ du pognon", a-t-il dit. Pourtant, "c’est dans le champ culturel que viennent sous une forme particulièrement aiguë des questions politiques très contemporaines": celles du "grand marché transatlantique" ou de "la valeur du travail des gens", notamment ceux qui sont "derrière la caméra". "C’est ce qui a motivé le fait que je vienne". Après avoir rencontré dans la matinée des professionnels du cinéma à Cannes, Jean-Luc Mélenchon devait s’entretenir dans la soirée avec des employés du Carlton, palace mythique de la Croisette à Cannes, inquiets de l’avenir de leur hôtel après des rumeurs de vente. Il doit se rendre dimanche sur le port d’Antibes, connu pour ses méga-yachts de milliardaires, et évoquer notamment l’économie de la mer. COMMUNIQUÉ : Non à l'atlantisme linguistique de Geneviève Fioraso Lundi 20 Mai 2013, Eric Coquerel, Secrétaire national du Parti de Gauche Il y a de multiples raisons de s’opposer au projet de loi sur l’enseignement supérieur qui sera défendu le 22 mai à l’Assemblée nationale par Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. L’une des dispositions de ce texte suffit déjà pour que le PG s’y oppose : l’article 2 qui prévoit la possibilité de dispenser les enseignements en « langue étrangère », c’est à dire en anglais. Elle est révélatrice de la vision purement – et faussement - utilitariste qu’a le gouvernement de l’Université et du travail scientifique. L’argument avancé est que, dans la mesure où le français constituerait un obstacle à la venue de brillants étudiants étrangers dans nos universités, il faut leur faire cours dans la seule « langue internationale » que serait l’anglais. Cette posture est une accumulation de contresens et de gravissimes fautes politiques : les étudiants étrangers qui aspirent à venir en France ont des raisons particulières de le faire. Ils sont parfaitement capables d’apprendre en peu de temps la langue française, surtout dans leur domaine de spécialité ; s’ils veulent des enseignements en anglais, il ne manque pas d’universités des pays anglophones pour les accueillir. Pour eux, l’original sera toujours préférable à une copie plus ou moins approximative ; les étudiants étrangers (Chinois, Brésiliens, etc.) ne maîtrisent pas nécessairement l’anglais ; les étudiants venant de pays francophones, en premier lieu d’Afrique, auront tout lieu de se sentir trahis puisque c’est la France elle-même qui renoncerait au français comme langue de la connaissance scientifique ; quant aux étudiants français eux-mêmes, ils seront censés parler l’anglais comme si la France était un pays officiellement bilingue. Faut-il rappeler que l’article 2 de la Constitution dispose que « la langue de la République est le français » ? Si l’on ajoute à cela que les enseignants devraient désormais être sélectionnés non plus simplement sur leur compétence, mais aussi sur leur capacité à s’exprimer en anglais, on mesure l’étendue des bouleversements que propose Mme Fioraso. On reste pantois devant un aveuglement aussi suicidaire qui revient à dévaloriser l’excellence de l’enseignement et de la recherche français et en français, et à faire une croix sur la francophonie pour un bénéfice nul. On ne peut expliquer un tel reniement que par des raisons idéologiques, par un atlantisme linguistique qui accompagne une aspiration à la servitude volontaire vis-à-vis du monde anglo-saxon, caractéristique notoire des « élites » françaises. Le Parti de gauche condamne catégoriquement le projet de loi de Mme Fioraso et appelle les députés et les sénateurs à le rejeter. ÉDITO : Hollandroïde Lundi 20 Mai 2013, François Delapierre Il fut un temps où les conférences de presse présidentielles étaient des événements. Epoque révolue ! Les présidents de la Cinquième République produisent désormais des conférences jetables. Après une semaine, la prestation de François Hollande disparaît déjà dans le néant. L’actuel locataire de l’Elysée n’est pas le seul responsable de cette obsolescence non programmée. Il prend la suite d’une série de présidents qui ont vidé de sens la parole du sommet de l’Etat. Cela fait deux décennies que nos gouvernants, ministère par ministère, ont la réduction des dépenses publiques pour principale voire unique orientation. Quel est aujourd’hui le grand projet du ministre de la santé ? De la culture ? De l’enseignement supérieur ? Le même que celui des précédents : dépenser moins. Dans la novlangue des cost-killers technocratiques, « accroître l’efficience du service public ». Traduit dans la réalité humaine, celle des agents et des usagers, c’est une litanie épuisante de mauvaises nouvelles : crédits gelés à peine votés, persécution bureaucratique baptisée évaluation, mise en concurrence de tous contre tous pour tirer les statuts vers le bas… Le low-cost se diffuse partout. Les chaussures des militaires français au Mali se décollent et les masques des infirmières leur donnent des allergies cutanées. A tous les niveaux, l’objectif c’est survivre. Or chaque initiative venue du dessus complique cette tâche. En écoutant Hollande, on pouvait se dire que Bercy avait enfin un patron : lui. Dans la Cinquième République, le président c’est le chef. Le voilà donc comptable en chef. En fait le « bon élève de l’Europe » récite les mantras de ses maîtres. L’avouer serait achever le peu qui reste du prestige de sa fonction. Il osa donc dire que la Commission européenne ne demandait rien sur les retraites ! En réalité, il a anticipé toutes ses exigences. L’assouplissement des licenciements, commencée avec l’accord Made in MEDEF, l’allongement de la durée de cotisation, car « la démographie le commande » et la libéralisation du rail et de l’électricité, au nom du fait que l’Etat ne peut pas seul porter les investissements d’avenir. Tous disent le moment politique inédit. Mais leur programme est vieux de vingt ans. La réforme des retraites était l’obsession de la droite de retour en 1993. Hollande puise ses recettes auprès des technocrates insubmersibles de Bercy, des comptables de la Commission, des experts en gestion promus par les think tank patronaux. Ressortent donc les mêmes vieilleries usées jusqu’à la corde. Il n’y a pas que la conférence de presse de Hollande qui est périmée. La politique qu’il endosse est un zombie. Ou plutôt un androïde. Car un austéritaire achevé n’entend rien à l’humain. Une humanité dotée de droits est une source inépuisable de coûts. Le peuple a quelques pouvoirs en démocratie ? S’en occuper sera la tâche des communicants. Les 400 journalistes rassemblés répercuteront leur travail de pédagogie. Hollande n’a donc rien répondu aux manifestants du 5 mai dernier. Il demande à être jugé aux résultats mais poursuit obstinément une politique qui échoue. Il faut l’entendre dire que la consommation repartirait si les Français avaient confiance en l’avenir. La vie réelle du pays qui misère et galère n’a pas de place dans son discours. Revient donc à chacun de nous de mener la lutte de l’homme face à la machine. Le 1er juin, l’immense succès de la marche du 5 mai pour la 6e République connaîtra ses premières répliques. Faisons de cette conférence macabre une raison de crier, d’aimer, de marcher, bref de vivre. UNE DATE, UN JOUR : 26 mai 1896 Lundi 20 Mai 2013, Aigline de Causans Le 26 mai 1896 Charles Dow et Edward Jones, 7 ans après avoir fondé le Wall Street Journal, publient l’indice « Dow Jones Industrial Average ». Conçu comme un outil permettant d’anticiper les investissements industriels les plus rentables, la création de ce premier indice boursier marque une étape dans la financiarisation du capitalisme. Les sociétés industrielles sont alors mal représentées sur les marchés boursiers mais l’on peut prévoir pour celles-ci des potentiels de bénéfices bien supérieurs aux autres, grâce notamment aux gains de productivités et aux économies d’échelle. Les profits spéculatifs anticipés sont importants et en voie d’augmentation, Charles Dow prévoit d’ailleurs que « le marché des valeurs industrielles deviendra le grand marché spéculatif des États-Unis ». La liste des valeurs composant l’indice est à plusieurs reprises révisée, pour s’éloigner de plus en plus de la réalité économique et de sa base industrielle. L’indice ne renferme aujourd’hui plus aucune entreprise de l’industrie du transport ni de l’industrie des services publics et seule la General Electric est restée dans la liste des 30 valeurs retenues depuis sa fondation. Symbole de la déconnexion entre le capitalisme financier et l’économie réelle, cet indice est, comme les autres, soumis aux fluctuations aléatoires de la Bourse. Ainsi le 6 mai 2010 une vente en cascade est déclenchée mécaniquement par des logiciels de courtage ultra-rapides suite a un algorithme défectueux. En l’espace de quelques minutes, le Dow Jones perd 10% soit 862 milliards de dollars qui disparaissent. Le rapport des autorités de régulation américaine reconnait que « l’exécution automatique d’un important ordre de vente peut provoquer des mouvements de ventes extrêmes ». Des propositions de régulation des marchés boursiers sont cependant repoussées et des systèmes de suspension automatique de la Bourse mis en place en cas de chute brutale des cours. Ceux-ci n’empêchent pas un nouveau décrochage le 24 avril 2013. Le Dow Jones perd 143 points, soit 136,5 milliard de dollars entre 19h07 et 19h10 suite à un tweet factice annonçant l’explosion de 2 bombes à la Maison Blanche. La fameuse « main invisible » a semble-t-il perdu tout contrôle. ACTUALITÉ : Maintenant les privatisations Lundi 20 Mai 2013, Michael Canovas Le gouvernement Ayrault vient d’annoncer la réduction de ses parts dans des entreprises françaises cotées pour « financer l’investissement ». Cette décision confirme l’ancrage libéral du gouvernement et parachève le pathétique bilan de cette première année de mandat de François Hollande. Jamais un pouvoir « de gauche » n’aura autant servi les intérêts du capital et affaibli l’Etat. L’humiliation de Florange n’a pas suffi. Non content d’avoir renoncé à nationaliser les industries jugées « insuffisamment rentables » par des capitalistes assoiffés de dividendes, le gouvernement va désormais procéder à des cessions d’actions. La ligne directrice de ces privatisations déguisées ne diffère guère des choix du gouvernement Fillon : désengagement de l’Etat et recherche obsessionnelle d’économies immédiates. Le processus a déjà commencé depuis quelques semaines avec la vente d’une partie du capital des groupes Safran et EADS. En avril, le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg a évoqué la possibilité de céder des parts de GDF-Suez et EDF. Le duo Hollande-Ayrault, animé par une fièvre de la rentabilité à court-terme fait une erreur stratégique majeure: remplir les caisses vidées par les cadeaux fiscaux en sacrifiant sur l’autel du libéralisme les derniers leviers de notre souveraineté économique. Ce démantèlement des biens publics ne peut se justifier par l’inefficace « sérieux budgétaire ». Reprendre les privatisations est totalement irresponsable. Il en va de l’indépendance de la France et du bien commun. Plutôt que d’apprendre de l’Histoire, les solfériniens refont sans cesse les mêmes erreurs. Les dégâts socioéconomiques des privatisations sont immenses : désindustrialisation, chômage, extrême misère. A l’inverse de cette vision étriquée des petits profits immédiats, le Parti de Gauche propose l’extension de la propriété publique par le développement des services publics et les nationalisations des grands leviers de l’action économique, industrielle et financière. Les entreprises du secteur de l’énergie sont notamment décisives alors que le réchauffement climatique s’emballe. Il faut donc un pôle 100% public de l’énergie au service de la planification écologique. Sinon les discours sur la transition énergétique seront sans effet. Aujourd’hui encore, nous avons besoin d’une République sociale dotée des moyens concrets de protéger l’intérêt général face aux intérêts des puissants. DOSSIER : Défense - Hollande sur les talons pas nets de Sarkozy Lundi 20 Mai 2013, Arthur Morenas Le livre blanc de la défense paru le 29 avril 2013, après des mois de réflexion et un retard de près de 3 mois, prépare la loi de programmation militaire (LPM) pour la période 2014-2019 qui devrait être votée par le Parlement à la fin 2013. Ses conclusions sont à l’image de nombres d’orientations politique du gouvernement Ayrault et du président Hollande : austérité budgétaire, abandon de la souveraineté populaire et nationale aux mains des Etats-Unis, croyance aveugle en une hypothétique solution européenne. Sans compter une absence de vision stratégique à long terme. Comme pour son programme présidentiel, François Hollande reste flou et ne change rien à la politique de ses prédécesseurs en matière de défense. Ainsi celui qui voulait « redonner du sens à notre présence dans le commandement intégré de l’OTAN » n’a pas modifié la ligne atlantiste qui était celle de Sarkozy. Avec le maintien de la France dans le commandement intégré de l’Otan et l’acceptation du projet belliciste de bouclier antimissile, il lui emboîte le pas. Les incantations en faveur d’une « Europe de la défense », élevée au rang de « priorité » dans le livre blanc, sont de dangereuses illusions qui ne prennent pas en considération les intérêts divergents qui peuvent exister entre les États européens. Le livre blanc affirme : « Notre stratégie de défense et de sécurité nationale ne se conçoit pas en dehors du cadre de l’Alliance Atlantique et de notre engagement dans l’Union européenne ». Dans le communiqué de presse qui accompagne le livre blanc, le terrorisme figure « parmi les menaces les plus probables » pour la France. En cela la politique stratégique du gouvernement Ayrault-Hollande s’aligne sur celle des États Unis qui prétend faire la guerre à un concept : le terrorisme. C’était déjà la justification de l’intervention de la France au Mali, contestable sur le plan du droit international. Cette opération s’est réalisée dans le flou le plus total et en l’absence de consultation préalable du Parlement. Des militaires français ont été envoyés sur le champ de bataille sans que les représentants du peuple français n’aient eu leur mot à dire. Une pratique avec laquelle la VIème République permettra de rompre. On ne peut commander à des militaires de risquer leur vie sur un champ de bataille au nom du peuple français sans une clarté absolue sur des buts de guerre conformes aux principes fermes établis par le peuple français. Si le cadre budgétaire précis n’est pas totalement défini dans le livre blanc, des éléments importants sont d’ores et déjà connus. A la suite de son intervention télévisée du 28 mars dernier, François Hollande a affirmé que le budget de la défense serait maintenu pour les années à venir à « un peu plus de 30 milliards d’euros ». Le budget alloué à la Défense, hors pensions et gendarmerie, devrait au final être de 179,2 milliards d’euros pour les 6 années à venir et de 364 milliards pour la période 2014-2025. Ce qui équivaut à 29,8 milliards par an de 2014 à 2019. Mais au moins 4,5 milliards proviendront de recettes exceptionnelles tirées de la vente d’actions, de bâtiments et d’ondes hertziennes. Or une grande partie de ces recettes exceptionnelles sont hypothétiques : dans la précédente loi de programmation militaire 2008-2014 sur les 3,47 milliards d’euros de recettes exceptionnelles attendues, 980 millions seulement ont été réalisées. Parmi ces ressources exceptionnelles le gouvernement espère obtenir 1,2 milliard d’euros de la vente d’actions EADS suite à l’accord de gouvernance signé il y a quelques mois prévoyant de réduire de 3% la part de l’État français au sein de cette entreprise. La vente des parts de l’État dans des entreprises stratégiques pour le financement des crédits militaires consiste à faire le choix du sacrifice des ambitions françaises en termes de défense souveraine pour satisfaire les exigences du ministère du budget, de l’Agence des Participations de l’État (APE) et in fine des capitalistes, uniques et derniers bénéficiaires de ces coupes dans les biens publics. Nous avons un exemple parfait de transfert du patrimoine national aux mains du privé sous couvert de “réalisme budgétaire” qui mènera à une révision à la baisse du budget de la défense. Il s’agit bien d’une politique d’austérité qui s’applique à l’armée. Le ministère du budget considère que la souveraineté du pays passe par la reconquête de la « confiance » des marchés financiers plutôt que par le maintien d’une force autonome en matière de défense. Cette logique est désastreuse pour le statut géostratégique du pays. Elle conduit à multiplier les accords de coopération sur une ligne atlantiste selon le modèle signé avec la Grande Bretagne en 2010 par Sarkozy. Ainsi, le livre blanc affirme que la France doit s’engager dans le processus de mutualisation et de partage des défenses capacitaires adopté en 2010 par le ministère de la défense de l’Union Européenne au nom d’un « effort commun ». Elle conduit aussi à remettre en question des programmes d’armement et à opter pour du matériel américain comme c’est le cas pour le drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance), choisi au détriment du développement du programme Talarion d’EADS. Cette politique de “mutualisation” a été pensée à l’OTAN, donc par les Etats-Unis et déclinée sous le concept marketing de “smart-defense”. A la suite des 54 000 suppressions de postes dans l’armée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, ce livre blanc en annonce 30 000 autres. L’armée de terre devrait être la principale touchée avec la perte de deux brigades (7 000 hommes chacune) ainsi qu’une cinquantaine de chars lourds et une soixantaine d’hélicoptères. L’armée de l’air ne sera pas non plus épargnée avec la perte d’une cinquantaine d’avions (près de 1/5 de son ordre de bataille), soit l’équivalent de deux escadrons. Cette politique hasardeuse est dangereuse car elle remet en cause la souveraineté de la défense et de la diplomatie nationale en les rattachant aux visées américaines et en cherchant à faire des économies là où les forces armées ont déjà depuis longtemps fait office de variable d’ajustement. La France, nation universaliste, doit se mettre au service de la paix au sein d’un monde multipolaire débarrassé de toute hégémonie et respectueux du droit international. Elle ne doit pas perdre sa capacité à se défendre. C’est pourquoi la sortie de l’Otan mais aussi la création d’un pôle public de l’armement et la fin de la privatisation des missions de défense sont, parmi d’autres, des impératifs : la souveraineté en matière de défense et de diplomatie est l’ultime délégation de souveraineté qu’il est possible de faire. Elle n’est réalisable qu’avec un partage de la totalité des intérêts français et donc de ses législations sociales, fiscales et principes constitutionnels. COMMUNIQUÉ : Adresse du PG au Congrès de la Ligue des droits de l'Homme Samedi 18 Mai 2013, Le Parti de Gauche Cher-e-s ami-e-s congressistes, Votre résolution sur le renouveau de la démocratie aborde nombre de droits sociaux et démocratiques auxquels le Parti de Gauche est également très attaché. Au-delà, vous faites, tout comme nous, le constat de la nécessité de changer en profondeur notre système politique. Le PG propose pour cela, avec l’ensemble du Front de Gauche, un objectif et une méthode. L’objectif, c’est la 6ème République. La méthode, c’est l’élection d’une assemblée constituante. L’implication populaire est la condition tout à la fois de la mise en œuvre, mais aussi de la réussite dans la durée de notre projet. C’est ainsi que nous concevons la révolution citoyenne : le grand nombre doit investir les lieux où se décide son destin. Partage des richesses, des pouvoirs et des savoirs sont donc pour nous indissociables. L’affaire Cahuzac ne se limite à l’évidence pas à la dérive d’un homme, mais représente un condensé presque parfait chimiquement de toutes les tares de la 5ème République : collusion d’intérêts, opacité, entre-soi de l’oligarchie qui n’a qu’un seul mot d’ordre cher à Margaret Thatcher: TINA (« There is no alternative »). Une lutte efficace contre la corruption et les paradis fiscaux ne peut être menée efficacement dans un tel système. Le nouveau report annoncé par le président de la République du droit de vote pour les résident-e-s extra-communautaires à l’après-municipales 2014, qui s’analyse pour nous comme un enterrement de cette promesse démocratique, est un exemple caricatural du blocage du système politique de la 5ème République. Un gouvernement se réclamant de la Gauche, fort d’une victoire électorale, détenant tous les principaux leviers du pouvoir institutionnel, capitule sans même tenter de mener la bataille idéologique, se contentant de faire des hypothèses sur l’arithmétique parlementaire. La monarchie quinquennale a encore frappé : tout s’est décidé à l’Élysée, au mépris de l’engagement pris par le candidat Hollande. La poursuite par le gouvernement via le ministre de l’intérieur Manuel Valls, de la chasse aux Roms et aux personnes sans papiers (travailleur-euse-s, jeunes majeurs et familles) défigure la République aujourd’hui comme hier. Le même Manuel Valls renonce à mettre fin concrètement aux contrôles au faciès de la police, en rejetant l’idée d’instaurer le reçu co-signé, daté, localisé et motivé lors des contrôles d’identité et de modifier la loi pour limiter le champ d’application de ces mêmes contrôles. Les déclarations du président de la République repoussant l’idée d’une loi d’amnistie sociale, mais concédant que des "situations exceptionnelles" devront être examinées au cas par cas, relèvent de cette même logique héritée de l’ancien régime : le fait du Prince. Ces renoncements sont étroitement liés à la soumission et à l’adhésion du président et de son gouvernement aux politiques libérales austéritaires dictées par la troïka (FMI, Union Européenne et BCE). Après l’attaque contre le code du travail via la loi « made in Medef » de l’ANI, se préparent de nouvelles attaques contre les retraites, contre l’égalité républicaine et les services publics via l’acte III de la décentralisation. Le mouvement associatif est bien souvent aux premières lignes de résistance contre ces politiques libérales et sécuritaires. Il subit également directement l’asphyxie budgétaire des baisses des dépenses publiques qui mettent à mal les libertés associatives. Nombre de vos préoccupations sont également les nôtres. L’urgence est bien celle d’une profonde refondation républicaine et sociale, aujourd’hui partagée bien au-delà du Front de Gauche, par nombre d’organisations de la société civile, de responsables politiques ou syndicaux. Le Parti de Gauche vous souhaite d’excellents et fructueux travaux inscrits dans ces combats. COMMUNIQUÉ : Le délit d'offense au chef de l'Etat abrogé : la lutte paie ! Samedi 18 Mai 2013, Hélène Franco Mercredi 15 mai, les député-e-s ont abrogé le délit d’offense au chef de l’Etat, survivance du droit monarchique. Cette victoire n’aurait pas eu lieu sans la ténacité et le courage de notre camarade Hervé Eon, interpellé en 2008 par les gendarmes pour avoir tenté de brandir sur le passage de l’ancien président de la République une affichette reprenant l’une de ses citations « Casse-toi pov’con ». Condamné en première instance puis en appel à 30 euros d’amende avec sursis, condamnation confirmée par la Cour de cassation, Hervé avait décidé, avec le soutien indéfectible du Parti de Gauche, de porter cette affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme. Avec succès. Le 14 mars dernier, cette juridiction dont les décisions s’imposent aux États membres condamnait la France pour méconnaissance de la liberté d’expression, tout en mettant en lumière l’archaïsme du délit d’offense. Dès le lendemain de cette décision, Jean-Luc Mélenchon avait une nouvelle fois exigé l’abrogation du dit délit. Grâce à la lutte, c’est désormais en bonne voie. Reste que la monarchie quinquennale est à peine écornée et que la mobilisation pour une refondation républicaine et sociale à travers une 6ème République doit se poursuivre. Ce qui n’empêche pas de s’en prendre aussi sans attendre à d’autres archaïsmes entravant la liberté d’expression : le délit de blasphème encore en vigueur en Alsace-Moselle en est l’un des exemples saisissants. La lutte continue ! COMMUNIQUÉ : Conquérir le droit de cité Samedi 18 Mai 2013, Pascale Le Neouannic, secrétaire nationale à l'émancipation et Thomas Linard, coresponsable de la commission LGBT Le Parti de Gauche se félicite de la décision favorable, rendue hier, par le Conseil Constitutionnel qui valide la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de personnes de même sexe, promulguée dès hier et publiée aujourd’hui 18 mai au Journal officiel. Enfin l’institution civile, laïque, républicaine du mariage affirme que couples de sexe différent et couples de même sexe, c’est la même chose ! Reste que la mobilisation des opposants à l’égalité des droits, les mots entendus jusque dans l’enceinte du Parlement légitimant les actes violents de haine de l’autre ont laissé des traces. Le combat contre l’homophobie est loin d’être fini. D’autant que d’autres droits (PMA, droits des personnes Trans, la filiation fondée sur l’engagement...) ont fait les frais de la frilosité d’un chef de l’État qui a mené cette bataille pour l’égalité à reculons… Parce qu’aucune conquête ne s’est faite sans lutte, le Parti de Gauche poursuivra et appuiera le combat pour l’égalité sociale et civique de tous les couples et des enfants et contre les discriminations. VU D’AILLEURS : Le Patriote - Mélenchon à Cannes : Le sens d'une visite Samedi 18 Mai 2013, Latifa Madani Ce n’est pas le Cannes des strass et paillettes que vient voir Jean-Luc Mélenchon. Ce samedi, le député européen front de gauche et co président du parti de gauche rencontre ceux qui font, diffusent et accompagnent le cinéma. Particulièrement le cinéma indépendant. Celui qui peine à trouver argent et écrans, mais qui, heureusement encore, grâce à une conjonction de mécanismes et de volontés, arrive à trouver son public. Jean-Luc Mélenchon ira aussi - et surtout- à la rencontre de ceux sans qui une bonne part du patrimoine cinématographique n’aurait pas existé : les travailleurs du secteur public et leurs CE : les électriciens et gaziers et les syndicalistes qui ont notamment apporté leur pierre dans les fondations de ce qui fait le Festival de Cannes. Le leader du Front de gauche est leur invité et celui des CE des cheminots et de la RATP, partenaires de la CCAS. Avec Costa Gavras comme parrain et Mélenchon comme invité pour l’ouverture de sa 11ème édition, Visions Sociales tape dans le mille. Depuis onze ans, dans la salle de spectacles du Château des Mineurs à la Napoule, Visions sociales donne à voir aux travailleurs et à leurs familles, et à tout le public, sans badge ni accréditations, un cinéma de qualité qui questionne l’ordre social et l’état du monde. Un cinéma ouvert, impertinent, inventif, émancipateur. Ce n’est pas un hasard si le débat inaugural se fait autour du Grand retournement de Gérard Mordillat. Adapté de la pièce de Frédéric Lordon, « D’un retournement l’autre », le film de Mordillat est « une comédie sérieuse sur la crise financière ». La crise de 2008 racontée en alexandrins classiques par des acteurs aussi talentueux que Frédéric Morel, Edouard Baer ou Jacques Weber. Tragique comme du Racine, comique comme du Molière… Un Objet Cinématographique Non Identifié qui réussit le pari de tenir en haleine pendant 75’ et surtout de nourrir le débat. De grands débats agitent actuellement la planète cinéma et de l’audio visuel. Ils divisent la profession et ont le mérite de remettre les pendules à l’heure. La négociation de la future convention collective élargie des professionnels du cinéma et le lancement des négociations UE-Etats Unis pour un marché de libre échange transatlantique ont remis sur le tapis la question du financement du cinéma et de l’avenir de l’audio visuel. Et tout récemment, le rapport Lescure sur le numérique. La future convention collective divise la profession et cristallise nombre de malaises qui sont liés à la fois à la question du statut des intermittents, aux délocalisations dans la production, à l’abus de positions dominantes de grands groupes qui concentrent à la fois production, diffusion, promotion , écrans ciné, TV et web (cf extraits de la pétition de l’ACID). L’industrie cinématographique n’échappe pas « grand chambardement » de la mondialisation néo libérale. La preuve, la question de l’exception culturelle revient au devant de l’actualité alors que se discutent les termes du mandat de la négociation avec les Etats Unis que l’Union Européenne doit adopter définitivement, le 14 juin, et qui inclut, pour le moment, le secteur audio visuel. De prestigieux cinéastes ont initié une pétition sous le titre « L’exception culturelle n’est pas négociable ! ». Les frères Dardenne, Jane Campion, Michael Haneke, Michel Hazanavicius, , Pedro Almodovar, Volker Schlöndorff, Marco Bellocchio, Ken Loach, Mike Leigh, Stephen Frears, David Lynch, Agnès Jaoui , Bertrand Tavernier en sont parmi les signataires. Ils demandent à la Commission européenne l’exclusion explicite de l’audiovisuel et du cinéma des négociations sur le Traité transatlantique. Les professionnels de l’agroalimentaire demandent aussi l’exclusion des produits du terroir dans la négociation. Et ainsi de suite... Ne serait -il pas mieux de se battre contre un tel Traité qui ne fera qu’aggraver la crise multiforme générée par les dérèglementations en tout genre. Latifa Madani VU D’AILLEURS : Hollande : changer d’image sans changer de politique Vendredi 17 Mai 2013, Denis Sieffert - Politis Au cours d’une conférence de presse de 2 heures 30, François Hollande a tenté transformer en volonté politique ce qui lui est en réalité imposé par la Commission européenne. François Hollande s’est livré, jeudi, à un difficile exercice d’équilibriste qui pourrait se résumer ainsi : comment changer d’image, sans changer de politique. Il a assez habilement commencé un long plaidoyer pro domo par le Mali. Les dossiers internationaux, censés faire consensus dans l’opinion, allant à rebours, selon lui, du reproche de faiblesse qui lui est généralement adressé. Il a vanté son « esprit de décision ». La démonstration est devenue beaucoup plus laborieuse lorsqu’il a abordé la question européenne. « Je voulais faire bouger les lignes en Europe, a-t-il affirmé, les lignes ont bougé ». Le tour de passe-passe a consisté à transformer en volonté politique ce qui lui est en réalité imposé par la Commission européenne. Les deux années supplémentaires accordées par Bruxelles pour réduire les déficits ? « Ce résultat, je le revendique », a-t-il dit avant d’ajouter, bravache : « La commission a commencé à comprendre ». Il s’est efforcé de présenter les exigences de Bruxelles comme autant de décisions souveraines de la France. Par bonheur, la France voulait ce que Bruxelles veut… Pour convaincre, François Hollande n’a pas hésité à se positionner comme le leader d’une « offensive européenne » : « Mon devoir, c’est de sortir l’Europe de sa langueur », appelant notamment de ses vœux une harmonisation fiscale européenne et un plan de lutte contre la fraude fiscale. Serpents de mer qui posent en vérité tous les problèmes de l’Europe. Le président n’a fait ensuite que recycler sa politique d’austérité : réforme des retraites, baisse du coût du travail… Airs connus. L’habileté consistant ici à présenter la vieille politique comme « l’offensive de l’An II ». « An 1 », « An II », se sont d’ailleurs les seules références consenties à la Révolution… Mais en renfort de la grande offensive, François Hollande a paradoxalement utilisé des arguments archi rebattus et même très poussiéreux. Cela a été particulièrement spectaculaire sur la question la plus névralgique sur laquelle il a même laissé planer la menace d’un nouveau report du départ de l’âge de la retraite. « C’est un principe d’évidence, a-t-il dit, dès lors que l’on vit plus longtemps, il faut travailler un peu plus longtemps ». Du mot à mot de l’argumentaire de fausse évidence de la droite et du Medef. Au total, la gauche, comme la grande majorité de.......Lire la suite sur le site de Politis DIRECT DE BLOG : Le shadok Hollande et la quadrature du cercle Vendredi 17 Mai 2013, François Cocq Crédit photo photosdegauche.fr (michel_soudais) Les docteurs en communication de François Hollande pensaient faire en sorte que ce soit carré. Ils ont au contraire fait tourner en rond leur champion. Enchaînant jusqu’à plus soif les mêmes argumentations en quatre points, François Hollande s’est trouvé confronté à la quadrature du cercle : le problème reste insoluble tant que l’austérité en demeure la donnée principale. Ainsi, l’An I de François Hollande s’est selon lui décliné en quatre réformes essentielles : le sérieux budgétaire, le pacte de compétitivité, la maîtrise de la Finance, et l’accord national interprofessionnel (ANI). Tel un shadok, le Président Hollande s’est vanté d’avoir fait mieux en matière comptable en 2012 que ce qui était prévu par Nicolas Sarkozy, avant d’annoncer pour 2013 une stabilité de la dépense publique puis un recul de celle-ci de 1,5 milliards pour 2014. Il pompe. Evoquant le pacte de compétitivité, le Président Hollande assume la filiation avec Nicolas Sarkozy allant jusqu’à s’enorgueillir d’avoir lui réalisé ce que « ses prédécesseurs avaient prévu mais avaient reporté », soit un cadeau fiscal de 60 milliards aux entreprises. Il pompe, il pompe. Le même nous annonce avoir maîtrisé la finance en séparant les activités de dépôt des activités spéculatives, ce qui est toujours un vœu pieu. Il pompe, il pompe, il pompe. Quant à l’ANI, ce que lui appelle sécurisation de l’emploi dépouille en réalité les salariés de leurs droits et les placent sous le joug du patronat. Il pompe, il pompe, il pompe, il pompe… Si l’AN I est heureusement terminé, l’An II qu’il affirme engager devrait au moins nous réserver de meilleures surprises. L’An II ne correspond-il pas à cette riche année révolutionnaire débutée en septembre 1793 par une première mesure aussi emblématique que l’adoption par la Convention du maximum des denrées et des salaires ? François Hollande ne s’y est pas trompé annonçant vouloir lancer une « offensive européenne ». Au programme ? Quatre points comme de bien entendu : Instaurer un gouvernement économique de la zone euro / mettre en place un plan pour l’insertion des jeunes / instaurer une coordination européenne de l’énergie / lancer une nouvelle étape d’intégration européenne. Bref, autant de choses qui au mieux existent déjà ou au pire sont des recyclages du plan proposé en 2012 par Angela Merkel pour relancer l’Union Européenne. Non seulement on tourne en rond, mais le serpent se mord la queue. Le but est bien comme le notait dans un lapsus révélateur la journaliste de France 2 quelques secondes avant le début de la conférence de presse de « faire en sorte que la France soit le bon élève…de l’Allemagne ». L’alignement de François Hollande sur la droite allemande est en effet patent. N’est ce pas lui qui a affirmé lors de cette conférence de presse qu’il croyait à une union politique européenne et qu’il pensait « y parvenir quels que soient les gouvernements qui seront en place » puisqu’il n’est pas là selon lui question de « sensibilité politique ». Le même qui louvoie sur l’union nationale en France la prépare en la préfigurant sur la scène européenne avec tous ses amis ralliés à l’austérité ! Car pour François Hollande, l’An II c’est du concret. Fidèle à sa pathétique intervention télévisée d’il y a deux mois, le chef de l’Etat nous annonce que tout est sur la table et qu’il faut « amplifier les mesures annoncées ». Cela se résume selon lui en… quatre points : élargir les emplois d’avenir / étendre les contrats de génération / le crédit impôt compétitivité / l’accord sur la sécurisation de l’emploi. Autrement dit pour François Hollande, l’An II, c’est l’An I, mais la situation étant dégradée, c’est surtout l’An pire ! Arrivé au bout de son exposé, François Hollande s’est bien rendu compte qu’il tournait en rond. Alors qu’il commençait en affirmant que la France avait réalisé « un effort qui a permis d’obtenir du temps », entendez un délai de deux ans pour se coucher devant les injonctions de la Commission européenne, François Hollande concluait 45 minutes plus tard après des propos affligeants sur les retraites en revendiquant que les réformes n’étaient pas imposées par Bruxelles mais que : « Nous voulons les engager ». Le carré ou le cercle ? Le cercle ou le carré ? Entre temps, et à défaut d’être mathématicien, François Hollande s’est brièvement essayé à la philosophie. Mais là encore, c’est raté. En affirmant que « douter des gouvernants est une menace pour la démocratie », François Hollande nous prouve qu’il a fait l’impasse sur les Lumières et l’émancipation du peuple. De fait, conduire des moutons qui bêlent comme les solfériniens est autrement plus aisé que s’occuper du peuple français. Mais François Hollande tarde à se résoudre au fait que ce n’est plus le Parti Socialiste qu’il dirige… Dommage finalement que François Hollande n’ait pas été non plus poète. Alors que ses docteurs en communication lui avaient infligé le gage de prononcer 8 fois dans la conférence de presse le mot « langueur » (il a échoué au pied du poteau !), François Hollande aurait mieux fait de s’inspirer de Verlaine qui dans l’alternance entre les vers de 3 et 4 pieds nous rapproche de π et de la solution introuvable de la quadrature du cercle : « Les sanglots longs Des violons De l’automne Blessent mon cœur D’une langueur Monotone » En l’état, solution introuvable, triste perspective. COMMUNIQUÉ : Droit de vote pour les résident-e-s extra-communautaires: Le coup de grâce Vendredi 17 Mai 2013, Delphine Beauvois, Danielle Simonnet et Hélène Franco De reculs en reniements et en promesses non tenues, ainsi va le quinquennat de François Hollande. La question de l’octroi du droit de vote aux résident-e-s extra-communautaires est la caricature de ce triste constat. Jamais un gouvernement se déclarant de la Gauche n’avait bénéficié par le passé de tels atouts politiques pour satisfaire cette promesse démocratique. Les élections municipales de 2014 étaient une occasion de la mettre en œuvre à une échéance raisonnable. Ce combat pour l’égalité, pour la dignité de personnes qui contribuent pleinement à la vie de notre pays sans pouvoir y voter, François Hollande a décidé de le repousser encore, sans que l’on puisse comprendre comment ce qui est présenté comme impossible politiquement aujourd’hui le deviendrait après les élections de 2014. Cela s’appelle un enterrement en grande pompe. Ce coup de grâce est le coup de trop : sur ce sujet aussi, François Hollande prend la responsabilité de diviser la Gauche, unie sur cet objectif démocratique depuis des décennies. Plus que jamais, exigeons la convocation d’une Assemblée constituante pour une 6ème République pour permettre également d’accorder enfin le droit de vote et d’éligibilité des résident-e-s étranger-e-s aux élections locales ! DIRECT DE BLOG : A Roma - Ecosocialismo: un manifesto per il Mare Nostrum Jeudi 16 Mai 2013, Corinne Morel Darleux J’étais ce début de semaine à Rome, à moins de deux semaines du scrutin des législatives partielles, pour soutenir nos candidats du Front de Gauche aux élections législatives partielles. J’espère avoir le temps d’y revenir plus longuement ici, tant c’était riche et tant cette ville et les rencontres avec la Constituante des biens communs au théâtre occupé Valle et le centre social autogéré SCUP, m’ont marquée... Mardi soir, en plus de mon camarades du PG candidat suppléant Guillaume Mariel, j’étais accompagnée de Roberto Musacchio, ex eurodéputé de Rifondazione et de l’écrivain Giuseppe di Marzo, tous deux enthousiasmés par leur lecture du Manifeste et volontaires pour participer à un réseau international écosocialiste. ... Un plaisir, d’autant que cette 8e circonscription, de la Grèce à l’Italie en passant par Israël, Chypre, Malte et la Turquie, est en première ligne. L’Europe du Sud est devenue un vrai laboratoire de l’austérité, de la confiscation de la souveraineté populaire et de la dépolitisation de la vie publique. Le gouvernement grec tente de remplir ses caisses avec tout ce qui peut se vendre, laissant des fonds qataris investir massivement dans ses mines d’or et ses banques, ouvrant le capital de ses ports à des investisseurs chinois, laissant brader jusqu’à ses îles, dont 6 viennent d’être vendues à l’émir du Qatar pour quelques millions d’euro. Quant à l’Italie, c’est un pays où l’on a vu un Premier ministre être directement nommé par la Commission européenne, un pays où les médias conditionnent la politique depuis plus de 20 ans, où un milliardaire a été élu chef de gouvernement alors qu’il possédait la totalité des chaînes nationales de télévision privée, un pays où selon l’OCDE les déchets augmentent plus vite que le PIB, et qui détient des records de pollution : parmi les 30 villes les plus polluées d’Europe, 15 se trouvent en Italie. Mais c’est aussi ici, en Italie, que le 13 juin 2011, les Italiens ont voté massivement pour refuser la privatisation de la gestion de l’eau. Dans chaque région, chaque province, chaque ville, des comités de citoyens se sont organisés pour récolter les 500.000 signatures nécessaires. En moins de 3 mois, ils ont recueilli 1,4 millions de signatures. Et 57 % des Italiens ont voté ! Ce n’était pas arrivé à un référendum depuis 1995, et 95% des votants se sont exprimés pour l’eau publique et contre les profits sur ce bien commun. Moi je vous le dis, il y a là des graines d’écosocialisme qui ne demandent qu’à fleurir... Je suis allée à Rome témoigner auprès de nos amis italiens et des français installés là bas, de deux choses qui me paraissent essentielles. D’abord que nous sommes et serons toujours aux côtés de tous les peuples de la Méditerranée, dans leur combat pour une gestion démocratique des ressources face à une troïka (FMI, Banque mondiale, Commission européenne) qui décide et ordonne, face à des gouvernements qui leur sont aliénés, et acceptent de voir leurs peuples éreintés, et leurs écosystèmes saccagés. La Méditerranée, Mare Nostrum, ce formidable écosystème que nous avons en commun, est hélas bien mal en point : surpêche, résidus de médicaments, déchets de matières plastiques, polluants organiques… Selon un rapport de 2011, le « point de non-retour » n’est pas loin. Or l’eau de cette mer semi-fermée met un siècle à se renouveler, et les stations d’épuration sont à l’évidence en nombre insuffisant. Au nord de la Méditerranée, 89 % des villes de plus de 10.000 habitants ont un réseau d’épuration, au sud ce pourcentage n’est que de 56 %. Plus généralement, les politiques et les moyens divergent très largement entre les pays du pourtour méditerranéen et nécessitent une coopération internationale pour sauver cet écosystème qui est aussi un espace commun de développement économique et une communauté de destin humain. Voilà un domaine pratique d’application concrète d’une alternative écosocialiste qui permettrait tout à la fois de relancer l’activité maritime et portuaire, de développer les services publics d’assainissement et de nouvelles formes d’énergie renouvelables, tout en préservant notre environnement ! Car le deuxième message que je souhaitais délivrer c’est ça : aujourd’hui il existe une alternative. On nous répète à longueur de médias qu’il n’y a pas le choix, que la crise est là et que l’austérité la seule voie. A l’évidence, Margareth Thatcher est morte, mais le fameux « TINA » lui survit et c’est hélas le même refrain de Chypre à Madrid, de Lisbonne à Athènes, et chez tous les libéraux de droite comme de gauche. Suppression des postes de fonctionnaires en Angleterre, fin de l’aide aux chômeurs longue durée en Espagne, baisse du revenu minimum d’insertion au Portugal et report de l’âge de départ à la retraite partout... Chez nous en France, le chômage bat des records sur 21 mois consécutifs, et le gouvernement mené par le PS entérine le traité européen « Merkozy », offre 20 milliards de crédit d’impôt compétitivité aux entreprises sans contrepartie et maintenant annonce encore plus de privatisations chez EDF et GDF, en plein débat national sur la transition énergétique ! Il fait trois fois pire que Fillon et Sarkozy qui en deux plans d’austérité avaient fait 19 milliards de coupes, François Hollande lui en est déjà à 37 milliards de coupes dans le budget 2013, et un 2e plan dit de compétitivité va être appliqué à partir de 2014 qui doit porter à 60 milliards les coupes dans les dépenses publiques d’ici 2017. Jusqu’ici c’étaient les pays du Sud qui subissaient les assauts libéraux de la part du FMI, de l’OMC ou de la Banque Mondiale. Désormais plus personne n’y échappe. Les différents plans d’austérité, sous l’injonction de réduction des déficits publics, se conjuguent avec les attaques répétées de l’Union européenne contre les services publics, vus comme d’affreux monopoles en contradiction avec la sacro-sainte « concurrence libre et non faussée ». Résultat : ouverture à la concurrence et privatisation de services fondamentaux comme l’énergie, le rail ou encore la formation et la santé. Dégradation des conditions de travail, abandon des missions non rentables, hausse des tarifs et recherche du moins disant social et environnemental. Car si la directive Bolkestein a été repoussée, la directive Services, elle, est bien là ! Nos services publics sont peu à peu pervertis en services d’ « intérêt économique général » pouvant être confiés à des opérateurs privés. Or un opérateur privé, dans un système économique capitaliste, n’est pas là pour défendre l’intérêt général. Il est là pour faire des profits. Mais l’éducation, la santé, l’énergie ou l’eau ne sont pas des marchandises comme les autres ! Einstein disait : "On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés". Alors soyons radicaux, au sens d’aller à la racine des causes : crise sociale et urgence écologique ont toutes deux pour origine la recherche de profits qui prime sur le reste, une économie du « produire pour produire » qui en oublie les besoins humains. En trois mots, le capitalisme, le productivisme et la mondialisation financière. Nous avons fait beaucoup, à gauche, en matière d’analyse du système, je n’y reviendrai pas. Car certes, nous sommes anticapitalistes, antiproductivistes et altermondialistes. Nous avons, par nos prises de position et notre présence dans les luttes, prouvé notre détermination à ne pas courber l’échine et à être du côté de celles et ceux qui résistent. Mais rompre avec le système implique également de provoquer un élan populaire autour d’un nouveau projet mobilisateur fait d’espoir, de bien vivre et de jours heureux : l’écosocialisme. Il est temps de proposer une nouvelle synthèse à gauche en tirant les leçons des échecs du passé et en intégrant les nouveaux défis du présent. Le socialisme a ignoré la dimension écologique de son projet d’émancipation et n’a pas vu que la finitude des ressources naturelles nous menait doit dans le mur. Et l’écologie de son côté a eu un peu trop tendance à oublier l’analyse économique du système et à regarder de loin les luttes sociales. Notre écosocialisme à nous se fonde sur l’écologie politique et le refus du capitalisme vert, le lien systématique entre luttes sociales et environnementales, c’est le mariage entre un socialisme débarrassé du productivisme et une écologie farouchement anticapitaliste. Et ce n’est pas un à-côté de nos politiques. Car il en va des conditions même de la vie humaine sur Terre. Dérèglement climatique, perte de biodiversité, pollution de l’air, de l’eau et des sols, épuisement des ressources naturelles... Nous ne devons jamais oublier que nous n’avons qu’une seule biosphère, qui ne connaît pas de frontières. Alors par delà les frontières, notre Manifeste va être ou est déjà traduit en espagnol, grec, italien, anglais, allemand, portugais, polonais, arabe et japonais et nous allons bientôt pouvoir l’adresser à tous nos partis frères, partout dans le monde... Et après Rabat, Tunis et Rome, continuer à aller le présenter et débattre tout autour de la Mer Méditerranée :) COMMUNIQUÉ : Hollande : bon élève de l'Allemagne et meilleur soutien du patronat Jeudi 16 Mai 2013, Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche On n’attendait pas grand chose de ce discours mais le résultat est affligeant. Les 4 axes de politique économique annoncés sont de philosophie totalement libérale. Dans sa course de complaisance vis à vis du Medef, Il en est à se vanter d’être meilleur que ne l’a été N. Sarkozy pour ce qui est de la baisse des dépenses publiques et de la casse du droit du travail. "Le mensonge déshonore la République" dit F. Hollande sauf visiblement lorsque c’est lui qui le tient. Le voilà dénonçant les politiques d’austérité qui conduiraient à la récession au moment même où la France y est officiellement entrée du fait même de ce type de politique. Il vante la loi de séparation des banques de dépôt et d’affaires qui n’a rien séparé du tout. Il nie la soumission aux exigences de Bruxelles en contrepartie du report de 2 ans pour ce qui est de la diminution à 3% du déficit public alors que tout son discours l’illustre. Malgré son échec, il persiste dans sa politique libérale. Il va maintenant brader les entreprises publiques et veut jeter encore plus notre pays dans les bras de la finance y compris internationale. Il se plie à l’exigence du gouvernement Merkel quant à un gouvernement de la zone euro sans même remettre en cause l’orientation de ces politiques ultra-libérales. C’est la suite du Traité Merkozy en pire. Les Français auront compris en l’écoutant que ce qui est proposé c’est la continuité dans le changement : encore des avantages fiscaux pour les entreprises et toujours plus de réductions de droits pour les travailleurs à commencer par les retraites. Le 5 mai dans la rue, 180 000 personnes ont dit leur refus de ces orientations. Les semaines à venir, à commencer par les répliques régionales des 1er et 2 juin, permettront à toutes celles et ceux qui refusent cette politique de plus en plus libérale de le dire haut et fort. ARTICLE VIE DE GAUCHE : Ayrault-Delanoë-Hidalgo cassent l’Hôpital public en plein cœur de Paris ! Jeudi 16 Mai 2013, Danielle SIMONNET, Conseillère de Paris et Secrétaire nationale aux migrations du Parti de Gauche La nouvelle vient de tomber aujourd’hui : la direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé la fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu pour le 4 novembre prochain. Alors que les solfériniens de l’Hôtel de Ville s’opposaient au projet de fermeture de ces urgences sous Sarkozy, ils auront mis à peine une année pour retourner leur veste et mettre à exécution la liquidation du plus ancien hôpital de France qui accueille 40 000 patients par an. En inventant le concept fumeux « d’hôpital debout », à savoir un hôpital sans lit (sans malade ?), Jean Marie Le Guen avait déjà annoncé la couleur en assumant le projet dit de « restructuration », contre un vœu de soutien que Danielle Simonnet avait présenté en Conseil de Paris en février et en mars. B. Delanoë et A. Hidalgo avaient soutenu le projet de leur adjoint… Voilà où conduisent les politiques austéritaires du gouvernement relayées par l’exécutif municipal parisien : à sacrifier pour des intérêts financiers les enjeux de santé publique, en privant d’un service d’urgence et bientôt d’un hôpital public les neuf premiers arrondissements de Paris ! Et de façon unilatérale, sans la moindre concertation ni avec les élu-e-s, ni avec les personnels et ni avec les citoyen-ne-s parisien-ne-s. Anne Hidalgo dans son livre de campagne « Mon combat pour paris », déclarait pourtant page 41 : « Nous sommes particulièrement vigilants à ce que les services d’urgence de proximité soient maintenues partout dans la capitale. » A peine en campagne la voilà qui trahit ses engagements encore plus rapidement que ses amis de l’Elysée et de Matignon ! Plus que jamais le Front de Gauche entend poursuivre son engagement pour le maintien de tous les services de l’Hôtel Dieu et de ses urgences afin de mettre en échec cette casse inacceptable et irresponsable de l’Hôpital public. Nous ne laisserons pas le centre de Paris devenir un désert médical. Pour le Parti de Gauche c’est une raison de plus, s’il en était besoin, de confirmer l’enjeu pour le Front de Gauche de présenter des listes autonomes sur la capitale. Assumons l’opposition à ces politiques libérales, portons l’ambition de construire une alternative majoritaire, nationalement et à Paris également ! COMMUNIQUÉ : Marche des Femmes contre l'austérité Jeudi 16 Mai 2013 A l’appel de plus de 150 femmes, militantes associatives, politiques, syndicales,citoyennes, connues ou anonymes, des milliers de femmes et d’hommes marcheront le 9 juin prochain à Paris contre les politiques d’austérité que les femmes sont les premières à subir. Cet appel fait le constat d’une situation sociale et économique dégradée, particulièrement pour les femmes. « Incontestablement, ce sont nous, les femmes, qui sommes aux premiers rangs du temps partiel imposé, des bas salaires et de la pauvreté. Indiscutablement, nous sommes très majoritaires à vivre la précarité et les retraites au rabais. Ce sont nous qui formons sans conteste la majorité des salariés de l’État et des Collectivités territoriales. Nous sommes les premières utilisatrices des services publics et nous subissons leur casse de plein fouet. » Au contraire des déclarations de Jean Marc Ayrault indiquant le 5 mai dernier qu’« il n’y a pas d’austérité, ça c’est une invention de propagande », les politiques menées par le gouvernement n’affrontent pas le pouvoir de la finance et de l’argent. Nous refusons ces politiques d’austérité budgétaire, la casse des services publics, la règle d’or, l’Accord National Interprofessionnel, la poursuite des politiques d’« abaissement du coût de travail » et de « flexibilité du marché du travail », la remise en cause continuelle de la protection sociale… Alors que d’autres choix sont possibles et nécessaires pour changer nos vies. Contre l’austérité et la finance, ensemble imposons d’autres politiques ! Retrouvez la liste des signataires et l’appel dans son intégralité sur : http://www.femmescontreausterite.com/ COMMUNIQUÉ : Loi d'orientation Peillon - De la carte scolaire à l'école à la carte Mercredi 15 Mai 2013, Magali ESCOT, responsable éducation Pour les solferiniens, rétablir la carte scolaire, c’est l’enterrer ! Françoise Cartron, sénatrice PS rapporteuse de la loi d’orientation, a ainsi déposé un article prévoyant d’instaurer "des secteurs comprenant deux ou trois collèges" et laissant aux collectivités territoriales le choix du mode d’affectation des élèves. Il est même préconisé une "mise en place de voeux" par les parents pour les établissements... Sous couvert de remise en place d’une carte scolaire, les solferiniens servent l’école à la carte et instillent le venin de la concurrence ’libre et non faussée’ entre établissements et entre élèves. La mixité sociale espérée sera dans les faits balayée. Avec la mise en place de ’pools’ d’établissements pour carte scolaire, les collèges vont devoir rivaliser pour se vendre sur le ’marché’ éducatif pour séduire les parents et devront obéir consciencieusement aux projets d’établissements guidés par les conseils généraux pour avoir une bonne cote ! À quelques jours du vote de la Loi, c’est un très mauvais signal qui est donné aux défenseurs de l’école républicaine. Le Parti de Gauche ne saurait entériner au travers d’une loi tout ce que la communauté éducative a combattu dans la loi Fillon et sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. COMMUNIQUÉ : La politique de Valls a coûté la vie à deux femmes et un enfant ! Mercredi 15 Mai 2013, Delphine Beauvois et Danielle Simonnet Comment est-il possible qu’en France, on puisse encore mourir dans un incendie parce que condamné à vivre dans des conditions les plus précaires, sans électricité ? Au cours de la nuit du 12 au 13 mai, c’est deux femmes et un enfant qui ont perdu la vie dans l’incendie qui a dévasté le bâtiment désaffecté dans lequel plusieurs familles Roms étaient installées. Pour le Parti de Gauche, le Ministre de l’intérieur est directement responsable de ces 3 décès. Après avoir été chassées de plusieurs implantations, les 190 personnes qui occupaient ces locaux depuis le mois d’octobre n’avaient pas d’autres choix, aucune autre solution d’habitat ne leur ayant été faite ! Pourtant la loi est claire et stipule bien que l’Etat a l’obligation d’assurer un hébergement d’urgence à toute personne sans abri. Pour seule réponse à ce drame, Valls a réaffirmé sa volonté de poursuivre la chasse aux Roms et il a commencé dès aujourd’hui en expulsant une trentaine de Roms de Saint-Priest dans la banlieue lyonnaise. Mais qui peut ignorer que ces familles n’auront d’autres choix que de squatters d’autres lieux encore plus précaires et mettant encore plus leur vie en danger? Cette politique discriminatoire de Valls est criminelle et illégale ! Ce n’est pas les occupants des bidonvilles qu’il faut expulser, mais le droit au logement pour toutes et tous qu’il faut respecter, familles Roms comprises ! La France a largement les moyens de reloger tous les occupants des bidonvilles. Ce gouvernement est incapable d’éradiquer la misère, car cela nécessite de sortir de l’austérité et de s’attaquer à la finance. Il leur est plus facile de faire la chasse aux pauvres ! Valls et le gouvernement poursuivent la politique xénophobe de Sarkozy en discriminant une catégorie de la population en fonction de ses origines, les Roms. Ils défigurent la République ! Malgré la circulaire du 26 août 2012, le gouvernement a accéléré les expulsions-destructions de bidonvilles et squats. Au cours du premier trimestre de l’année, plus de 4000 personnes, dont de nombreux enfants, ont été expulsées de leur lieu de vie sans qu’aucune proposition d’habitat ne leur soit proposée, les condamnant à encore plus de précarité. Le Parti de Gauche présente ses sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes et affirme de nouveau son soutien aux populations Roms. Le Parti de Gauche participera au rassemblement du 25 mai à Paris. Il exige du gouvernement : - La fin des mesures transitoires à l’encontre des ressortissants européens Roms et que cessent les politiques européennes discriminatoires à leur encontre - Le respect du droit au logement pour toutes et tous et l’organisation de tables rondes régionales pour garantir dans les faits l’accès aux droits commun des familles Roms (logement, santé, scolarisation, etc.) COMMUNIQUÉ : Hollande fait entrer la France en récession Mercredi 15 Mai 2013, Guillaume Etievant, président de la commission Economie L’INSEE vient d’annoncer un recul de 0,2% du PIB de la France au premier trimestre, après une contraction d’ampleur similaire au dernier trimestre 2012. Nous sommes donc officiellement entrés en récession. La faute en revient à François Hollande : sa politique d’austérité, mélange explosif de coupes dans les dépenses publiques, de dérèglementation du marché du travail et de soumission à la finance, nous a plongé dans le désastre. Le peuple français en paye le prix : pour la première fois depuis 1984, le pouvoir d’achat des Français est en baisse (-0,9% en 2012). Il est temps de changer de cap. La France n’est pas condamnée à la récession. Il faut d’urgence une majorité alternative à l’austérité. Elle mettra en œuvre une politique de relance écologiquement soutenable de l’activité et de partage des richesses. Elle se concrétisera notamment par une augmentation de la demande basée sur des investissements massifs dans l’économie réelle et la transition écologique, la création d’un pôle public bancaire, une hausse générale des salaires et des pensions, la création de centaines de milliers d’emplois publics et privés et l’abolition du précariat. La France en a les moyens, il suffit de les mettre en œuvre. COMMUNIQUÉ : Récession : le désastre social est assuré Mercredi 15 Mai 2013, Jean-Luc Mélenchon La France entre en récession. Le chômage va donc exploser. Le désastre social est assuré. L’obstination de François Hollande et de son gouvernement, tétanisés par la peur de Mme Merkel et des bureaucrates de la Commission européenne met notre pays en grand danger. Président, changez de cap pendant qu’il en est encore temps ! Crédit photo C.RUSSEIL/FTV COMMUNIQUÉ : LE PS : un coup à droite, un coup aux oubliettes Mardi 14 Mai 2013, Martine Billard, Eric Coquerel et Guillaume Etievant Le Parti de Gauche dénonce la collusion entre la quasi totalité des sénateurs PS et l’UDI avec la complicité passive de l’UMP. Ensemble, ils viennent de permettre l’adoption de l’ANI au Sénat. Voilà à quoi sert la stratégie d’union nationale pour le gouvernement : faire passer des projets dignes de la droite pour satisfaire le MEDEF. Ce très mauvais coup porté aux travailleurs et à notre pays jette l’indignité sur ceux qui l’ont ordonné et permis, le Président de la République en tête. Et lorsque sa base rue trop dans les brancards, le PS, pour cacher ses divisions, utilise la bonne vieille méthode parlementaire du renvoi en commission. C’est ce qu’il vient de décider au sujet de la proposition de loi sur l’amnistie sociale portée par le FDG en espérant ainsi que la poussière de l’oubli recouvrira cette exigence de justice sociale pour les travailleurs. Sous le gouvernement Ayrault, le pire est toujours à venir puisque ce sont maintenant les retraites qui sont dans sa ligne de mire. Plus que jamais il convient de préparer la mobilisation contre cette politique de désespérance Prochaine étape de la mobilisation : jeudi 16 mai à 12 heures devant l’Assemblée nationale afin de soutenir la loi d’amnistie sociale. COMMUNIQUÉ : Cérémonie pour la mémoire de l'esclavage - Des militants invités, refoulés, arrêtés, poursuivis... l'inacceptable Mardi 14 Mai 2013, Delphine BEAUVOIS Vendredi 10 mai dernier se déroulait dans les Jardins du Luxembourg à Paris, une cérémonie officielle pour la mémoire de l’esclavage. Plusieurs membres actifs d’associations de défense de cette mémoire, dont certains engagés de façon officielle dans la réflexion sur les réparations possibles, étaient invités comme chaque année par le Ministère de l’Outre-mer. Trois de ces invités, dont Almamy Kanouté et Franco Lollia, ont été empêchés d’approcher du lieu de la commémoration par les forces de Police. Ce, sans raison dite. Ils étaient pourtant détenteurs d’invitations officielles. Un incident du même ordre s’était déroulé lors de la même cérémonie en 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. La majorité politique ayant changé, il paraissait impensable à tous qu’un tel accueil soit à nouveau réservé. Le Parti de Gauche proteste contre leur placement en garde à vue et les poursuites annoncées pour violences alors qu’ils ont été emmenés menottés et qu’aucun témoin ne confirme ces faits, au contraire. COMMUNIQUÉ : Le Parti de Gauche soutient les salariés d'EDF en grève contre le travail dissimulé Mardi 14 Mai 2013, Didier Thévenieau, Mathieu Agostini, Julie Del Papa Lundi, à l’appel de Sud-énergie, les salarié-e-s ont entamé un mouvement de grève à la centrale nucléaire de Belleville (Cher), grève qui pourrait s’étendre aux autres centrales de la région : Dampierre-en-Burly (Loiret), Chinon (Indre et Loire) et Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-cher). Ce mouvement est lié à une enquête ouverte contre EDF, pour « travail dissimulé, délit de marchandage et prêt illicite de main d’oeuvre » entre entreprises sous-traitantes intervenant à la centrale de Belleville, d’après le syndicat Sud-Energie." C’est sur la base de procès verbaux envoyés par l’ASN à l’inspection du travail que le procureur de la République de Bourges a fait procéder à des investigations. Ces conditions de travail insupportables s’appliquent notamment et surtout aux salarié-e-s sous-traitants, qui sont en première ligne face aux dangers de la contamination et qui subissent en silence la dégradation d’une filière qui n’en finit pas de baisser ses coûts et de diluer ses responsabilités, au détriment de la sécurité des populations et du respect de notre environnement. Ce mouvement de grève est donc un avertissement à EDF qui préfère faire des économies, au sacrifice  de la sûreté et de conditions de travail satisfaisantes. Le parti de gauche appelle le gouvernement et les autorités compétentes à intervenir en urgence pour qu’EDF obéisse immédiatement aux recommandations de l’ASN. La soumission à l’Intérêt Général ne concerne pas que les ouvriers du nucléaire mais avant tout celles et ceux qui ont la responsabilité des centrales. Le Parti de Gauche réaffirme son soutien plein et entier à ces employé-e-s qui luttent et combattent pour la sécurité de tou-te-s, notamment face aux menaces de perte de leur emploi, et la nécessaire urgence d’un retour d’EDF, d’AREVA et du CEA sous la responsabilité totale de l’État. COMMUNIQUÉ : Education et féminisme - Pour sortir du précariat, des qualifications, pas de l'entrepreneuriat ! Mardi 14 Mai 2013, Delphine Beauvois et Magali Escot Crédit photo photosdegauche.fr (stef.burlot) Ce lundi 13 mai, Najat Vallaud Belkacem, en bonne disciple de François Hollande, s’est rendue dans un lycée de la Seine Saint Denis pour y prôner le fameux esprit d’entreprise et lancer la semaine de sensibilisation à l’entrepreneuriat féminin. Elle applique donc méthodiquement les consignes données par le président et continue de donner des gages aux chefs d’entreprises en leur ouvrant grands les portes de nos établissements scolaires puisqu’il s’agit de promouvoir 120 chefs d’entreprises femmes dans 5 régions différentes. La Ministre des droits des femmes s’en va donc en tournée pour expliquer aux jeunes filles et femmes des lycées que leurs droits c’est le "droit d’entreprendre", le droit de devenir elles aussi des prédatrices dans le système. Les femmes ne pourraient être le prétexte à faire valider une ligne politique ! Etre une femme n’est pas la garantie absolue de justification. Sinon quoi de mieux que d’inviter en grande pompe Mme Parisot afin qu’elle explique aux élèves de notre pays sa conception du travail. Dictant déjà sa politique au gouvernement, elle pourrait ainsi le faire directement aux élèves ! Madame Vallaud Belkacem serait plus inspirée de défendre les droits des femmes en combattant toutes les mesures accroissant la précarité dans notre pays, en refusant une énième réforme des retraites, en s’opposant aux préconisations du Haut conseil des familles... Pour prôner aussi à l’intérieur d’un établissement scolaire les principes de liberté, d’égalité et de fraternité qui sont les vecteurs de l’émancipation de toutes et tous. Le 9 juin prochain, soyons nombreux et nombreuses dans les marches des femmes contre l’austérité et pour en appeler aussi à la nécessaire 6ème République ! COMMUNIQUÉ : Accord "Made in Medef" : un recul historique des droits des travailleurs Mardi 14 Mai 2013, Jean-Luc Mélenchon L’accord "made in Medef" sur l’emploi vient d’être adopté au Sénat avec l’aide de la droite comme à l’Assemblée et contre le Front de Gauche et une fraction du PS et d’Europe Ecologie les Verts. C’est un évènement considérable. Pour la première fois un gouvernement qui se réclame de la gauche fait reculer les droits des travailleurs en France. C’est un jour triste de notre histoire. COMMUNIQUÉ : Non à la loi Medef, non au recul de l'âge de la retraite, oui à l'amnistie sociale! Mardi 14 Mai 2013, Le Front de Gauche Crédit photo photosdegauche.fr (rémy_blang) Le Sénat, ce mardi 14 mai, puis l’Assemblée nationale le 16 mai vont être le théâtre de deux votes importants : sur l’Accord national interprofessionnel (ANI) d’une part, sur les lois d’amnistie sociale et l’interdiction des licenciements boursiers proposées par le groupe FDG d’autre part. Dans les deux cas nous appelons les députés de la majorité gouvernementale à désobéir aux volontés du gouvernement. L’ANI ne peut en effet passer au Sénat qu’avec les voix de la droite. C’est la raison pour laquelle le gouvernement avait eu recours au principe du voté bloqué une première fois. La manœuvre ayant échoué, l’heure de vérité approche : le Front de Gauche s’adresse solennellement aux sénateurs socialistes pour qu’ils n’adoptent pas définitivement ce texte de régression sociale. La loi sur l’amnistie sociale qui passe jeudi à l’assemblée s’est, elle, vue refusée par le gouvernement alors qu’elle avait été adoptée au Sénat. Ce volte-face de l’exécutif et du groupe PS réjouit la droite et, là encore, le Medef. Les élus EELV ayant déjà annoncé qu’ils voteraient la proposition du FDG, tout va dépendre du vote des députés PS. Il serait indécent qu’un élu de gauche refuse l’amnistie sociale à ceux qui ont résisté pendant cinq ans à la politique de Nicolas Sarkozy ! Ce serait un reniement insupportable et un feu vert à une criminalisation accentuée du mouvement social à l’avenir. C’est pourquoi le FDG appelle ses sympathisants et plus largement les citoyen-ne-s à se mobiliser devant l’Assemblée nationale aux côtés des syndicats le 16 mai à partir de 12 h 30 pour soutenir ces projets de loi. La marche du 5 mai a prouvé une large adhésion du peuple de gauche à l’exigence d’une politique alternative. Le refus de l’ANI, l’exigence de l’amnistie sociale et d’une loi sur les licenciements boursiers portent la même aspiration. Il s’agit de rompre avec l’escalade néo-libérale du gouvernement qui, sur pression de la commission européenne, se prépare à de nouvelles régressions sociales en augmentant la durée de cotisations pour toucher une pension complète ce qui signifie un nouveau recul de l’âge de la retraite ! Ce serait une catastrophe supplémentaire venant d’un gouvernement qui se réclame de la gauche. La mobilisation contre ce projet sera donc au centre de nos initiatives à venir. Voilà ce que le Front de Gauche dira ce jeudi 16 mai mais aussi lors des initiatives régionales du premier week-end de juin et des assises du 16 juin dont nous proposons la co-organisation à toutes celles et tous ceux, personnalités, associations, syndicats et forces de gauche qui partagent les objectifs d’une politique alternative à celle appliquée aujourd’hui par le gouvernement.... DIRECT DE BLOG : Coup de balai, serpillière et Karcher. En politique, la forme c’est du fond Mardi 14 Mai 2013, Alexis Corbière, secrétaire national Crédit photo photosdegauche.fr (rémy_blang) Avouons le, j’ai pris quelques jours de vacances. C’était pour moi nécessaire après le magnifique succès du 5 mai, notre manifestation « Pour la 6e République » ayant rassemblé plus de 180 000 personnes. A ce sujet, j’attends toujours depuis une semaine une lettre du Préfet répondant à mon courrier lui demandant des explications sur les drôles de comptes de ses services. Je vous tiendrai au courant s’il me répond. Mon ami François Delapierre , au micro de France Inter, a bien résumé les choses avec humour. Il y avait 180 000 personnes dans la rue dont 30 000 avec des balais, et ce sont uniquement ces derniers que la préfecture a comptés. Ah ce balai ! Certains ont voulu résumer le sens profond du 5 mai comme la simple « manifestation coup de balai ». Ils pensaient nous flétrir de la sorte, mais après tout, pourquoi pas ? Il y a finalement dans cette expression un concentré de politique qui me convient. « Coup de balai » au moins, c’est clair et compréhensible pour des millions de gens qui en ont assez du système actuel et qui veulent le changement, maintenant. Il va de soi que « le coup de balai » n’est pas un programme politique. Personne n’a jamais prétendu cela. Mais le propre de l’action politique est la capacité de construire une pratique qui s’articule notamment autour d’un programme (nous l’avons avec « L’Humain d’abord » vendu d’ailleurs à plus de 300 000 exemplaires), qui se décline ensuite parfois en quelques axes politiques privilégiés, devenant des forces matérielles par des actions de masses, elles mêmes mobilisés par des mots d’ordres, ou slogans d’agitation populaire. C’est dans cette dernière catégorie que je rangerai « le coup de balai ». Sans programme, cette phrase ne rime à rien. Mais à l’inverse, sans slogan d’agitation populaire, un programme, aussi subtilement écrit soit-il, est impuissant. La forme et le fond sont toujours lié en politique, du moins chez ceux qui vivent la politique comme une activité réelle et pratique ayant pour but de changer les choses, donc de mobiliser une majorité de citoyens, et en particulier de bouleverser l’ordre établi.A l’expression « coup de balai », lancée par Jean-luc Mélenchon pour initier l’idée du 5 mai, a répondu des tirs croisés, parfois contradictoires dans leur motivation,qui sont intéressants à observer. Certains sont venus parfois de gens qui sont eux-mêmes des forces composantes du Front de Gauche. Maintenant que le succès de la manifestation du 5 mai est derrière nous, je voudrais leur répondre. Cela me semble utile car dans les semaines qui viennent, à Toulouse, Montpellier, Amiens et beaucoup d’autres villes nous allons organiser des répliques du 5 mai. Nous en reparlerons. Je reprends donc le fil de mon propos. Un exemple. Mon camarade du Front de Gauche André Chassaigne a jugé pertinent, un moment, de déclarer «Parler de coup de balai, ça me blesse. C’est un slogan inacceptable aux relents de populisme. Il encourage chez les gens un rejet global de la politique.» Quelle erreur d’analyse. Je laisse de coté l’utilisation du terme "populiste", toujours flou dans sa définition, répété en boucle par les éditocrates qui n’ont que mépris pour nous. C’est toujours une maladresse de reprendre les mots de l’adversaire. Mais surtout, André, fier communiste revendiqué, semble oublier que "le coup de balai" est une symbolique directement inspirée de l’histoire du communisme. Passé et récent. Bien sûr, il y a la célèbre affiche que tout le monde connait, de Victor Deni de 1921 représentant Vladimir Illitch Lénine balayant le monde des rois, des banquiers et des popes. Mais, plus proche encore, au début des années 70, période où André était déjà membre du PCF, où ce parti obtenait des résultats électoraux supérieurs à 20 %, où par exemple Paul Laurent était n°2 du parti, le PCF utilisait aussi l’image du « coup de balai » dans sa propagande. Je ne crois pas qu’André et ceux qui pensent comme lui, considéraient la politique du PCF des années 70 comme « populiste » et « encourageant les gens a un rejet global de la politique ». J’ai même cru comprendre que certains avaient une nostalgie de cette époque. Anecdote, au hasard d’une lecture du grand Karl Marx, dans «La guerre civile » rédigé en 1871, je retrouve cette phrase décrivant la Révolution Française: « Le gigantesque coup de balai de la Révolution française du XVIIIe siècle emporta tous ces restes des temps révolus, débarrassant ainsi, du même coup, le substrat social des derniers obstacles s’opposant à la superstructure de l’édifice de l’État moderne. » Je m’amuse en la relisant.Comment soutenir encore dans ces conditions, qu’on l’approuve ou non (c’est un autre débat), que l’expression de « coup de balai » serait extérieure à l’histoire du mouvement ouvrier ? Bien entendu, par ces références historiques, je n’impose pas des arguments d’autorités. Chacun au Front de Gauche a le droit de livrer son appréciation personnelle sur les déclarations des uns et des autres. Nous n’avons pas une discipline de caserne. Toutefois, évitons les faux débats entre nous et parlons de l’essentiel. Le 5 mai, des milliers de gens (et souvent de communistes) sont venus avec des balais à la main, sur des pancartes, sur des casques, pour symboliser avec insolence, leur volonté farouche de changement radical et je note qu’au final André Chassaigne a approuvé le principe de notre manifestation. Comme quoi... Venons en maintenant aux principaux locataires de Solférino. Il va de soi que je n’assimile pas Chassaigne à cette troupe. Avec eux l’hypocrisie se porte en sautoir sur leur costume gris, comme une décoration, un signe de reconnaissance. J’ai déjà démontré sur ce blog que tous ceux, parmi eux, qui considéraient à grands cris et tweets arrogants définitifs, que « le coup de balai » était une image horrible, fascistoïde, puisée dans la seule rhétorique de l’extrême droite, étaient des ignorants qui oubliaient leur propre histoire et les affiches de la SFIO des années 30. Mais, il est vrai qu’en ce temps là, la SFIO se vivait comme un parti révolutionnaire luttant contre le capitalisme et que même Léon Blum, dont ils nous bassinent les oreilles, se réclamait de "la dictature du prolétariat". L’expression « coup de balai » fut utilisée également en 2011 par Ségolène Royal contre Nicolas Sarkozy, c’est dire… En réalité, les indignations solfériniennes sont souvent de médiocres tartuferies. Ceux qui jasent et s’offusquent du vocabulaire du Front de Gauche sont les mêmes qui vont chercher à l’imiter quelques jours plus tard… pour justifier l’injustifiable cette fois-ci. Et l’expression populaire révolutionnaire détournée, parfois employée par l’un d’eux, devient une misérable astuce de comptable magouilleur et cynique. Entre leurs mains, la torche se transforme en bloc de glace. C’est le contre exemple parfait de ce que je racontais précédemment. Aujourd’hui, Jean-Christophe Cambadélis a par exemple expliqué sur Radio J les problèmes de François Hollande de la façon suivante : « Il était difficile de développer pleinement notre politique de redressement dans la justice alors qu’il fallait passer la serpillière après Nicolas Sarkozy ». Koa !? Sous entendrait-il que l’ancien locataire de l’Elysées serait une saleté ? Allons Jean-Christophe ressaisis toi ! La serpillière contre un président de la Ve République qui a mis en place une "courageuse" politique de réduction des dépenses publiques, qui a rédigé le Traité Sarkozy-Merkel repris à la virgule près par MM. Hollande et Ayrault ? Vite, vite, un bel esprit de ton parti va te traiter de « populiste », va te dire que tu utilises « une rhétorique des années 30 » …Plus sérieusement, en réalité personne ne s’indignera car les mots de ce responsable PS, longtemps homme lige de DSK, ne font peur à personne. Ici la "serpillière" molle et froide de Cambadélis est l’antithèse même de notre énergique et chaleureux "coup de balai", même s’il semble puiser dans le même registre sémantique. Notre expression a une énergie positive, mettant en mouvement des consciences qui veulent changer les désordres du monde. La sienne est un étouffoir à aspiration populaire, un gadget pour mettre en oeuvre la machine à résignation au nom de la responsabilité passée de la droite. Bref, sa serpillière vise à effacer aussi au passage, les saletés commises par le gouvernement actuel : la scandaleuse ANI, le refus sectaire de l’amnistie sociale, la non hausse du SMIC, les 60 milliards de réductions de dépenses publiques, les 20 milliards d’euros offerts au patronat, etc. Enfin chacun sait qu’un coup de serpillière qui n’est pas précédé d’un bon coup de balai, ne produit que l’étalement de saleté et donc l’effet inverse du nettoyage... Bah, qu’importe en réalité pour les solfériniens. Pas sûr d’ailleurs qu’ils s’écoutent entre eux. Ici, la forme masque le fond. La consigne est exclusivement à la diabolisation à outrance du Front de Gauche et singulièrement de Jean-Luc Mélenchon. Pour eux, il est l’homme à abattre, "le grand méchant Mélenchon" comme a osé l’écrire bovinement Le Monde 2, hebdomadaire sur papier glacé (ici, c’est le mot "glacé" qui compte) paru le jour même de notre manifestation. C’est beau la presse "indépendante", non ? A ce sujet, lisez l’excellent billet de blog de mon jeune ami Antoine Léaument. C’est éclairant. Par jet continu, c’est exclusivement le vocabulaire mélenchonien, et seulement le sien, qui choque et qui indigne. A leurs yeux, il l’emporte sur toutes les horreurs de ce bas monde. Parallèlement aux dignitaires PS, les mêmes organes de presse, généralement proche du pouvoir, dédiabolisent avec une ardeur confondante Mme Marine Le Pen. Normal, son existence repoussante est aujourd’hui la principale énergie qui empêche la vieille scène politique de s’effondrer. C’est leur seule assurance vie croit-il, oubliant les terribles leçons de l’histoire, chaque fois qu’un pouvoir en crise a voulu jouer avec l’extrême droite en l’instrumentalisant pour stopper la progression des idées révolutionnaires de partage des richesses. La peur du rouge a fabriqué des monstres qui ont dépassé leurs créateurs. Toujours, le petit dompteur s’est fait dévorer par le fauve au final. Au PG, nous avons de la mémoire et sommes inquiets du spectacle actuel. Vigilance. Je m’arrête un instant sur ce point. La couverture médiatique du 1er mai raté du FN fut sidérante. 3 000 militants à peine se sont retrouvés Place de l’Opéra. Ils étaient le double l’an passé. Cela n’a pas empêché nombres d’observateurs d’insister sur « la dynamique FN », de mettre en concurrence ce ramassis misérable avec les manifestations des syndicats, de reprendre sans vérification aucune les soi disant 65 000 nouvelles adhésions au FN, etc… Quel baratin. Un exemple. Le Fn affirme avoir déjà désigné plus de 350 têtes de listes aux municipales. Mais, concrètement, cela signifie que dans chacune de ces villes où la presse nous affirme que le FN est déjà « en ordre de bataille », ils ne sont pas capables de rassembler 10 personnes pour écouter Marine Le Pen une fois par an. Pas si décoiffante que cela donc, la dynamique quand on la regarde de près… En écrivant cela, je ne minimise pas la progression du FN. Elle est électorale et culturelle, ce qui est pire. Mais je la restitue dans sa réalité. C’est important. Lutter contre l’extrême droite impose de lutter contre sa réalité et non contre « le fantasme solférinien du FN » qui permet de faire hurler aux mêmes qui font progresser l’extrême droite « Au secours, le Fn arrive ! Silence dans les rangs ». Au Front de Gauche, nous ne mangerons pas de ce pain là. Pour l’heure, depuis un an, la prétendue progression électorale du Fn est essentiellement due à l’effondrement de l’électorat PS. Mais cela peut changer demain et reste inquiétant. Nous devons donc nous adresser à ceux qui doutent et s’abstiennent. Pour l’essentiel, ce sont les nôtres. Pour nous adresser à eux, notre parole doit être à la hauteur de leur désarroi et de ce qu’ils comprennent de la violence de la période. La forme, c’est du fond. J’insiste. Ceux qui sont dans l’action et dans la lucidité, confrontés à la rudesse de la réalité de notre temps, l’ont bien compris. Seuls les inconscients et les gardiens du vieux système veulent maintenir les anciennes convenances de langage. Parfois être naïfs, c’est être coupable. Nous ne sommes pas seuls à voir les choses ainsi. Ce week-end, il s’est passé un petit évènement qui à mes yeux à son importance. S’adressant aux militants d’Europe Ecologie Les verts, après avoir participé au 5 mai, Eva Joly a eu un propos terrible, venant de la part de quelqu’un qui fut une juge anticorruption implacable : « Mélenchon a parlé de coup de balai, choquant les oreilles sensibles? La belle affaire! La vérité, c’est qu’il est en deçà de la réalité : un ’Karcher’ ne suffirait pas à décrasser le système actuel ». Merci Madame ! Il va de soi, selon moi, qu’une phrase d’une telle puissance subversive ne peut rester sans lendemain. Si les militants d’EELV avaient fait le choix d’Eva Joly pour être candidate à la présidentielle, c’est qu’ils avaient bien senti que le combat pour la République exemplaire, que nous nommons 6e République, était une question majeure. Je termine avec quelques lignes puisées dans Le Père Duchesne, le tonitruant journal révolutionnaire de Jacques-René Hébert. Que les amis jacobins et défenseurs de l’oeuvre politique de Maximilien Robespierre (parmi lesquels je me compte) me pardonnent ce choix de circonstances assez iconoclaste, il est vrai. Mais, mon ami l’historien Michel Biard, président de la Société d’Etudes Robespierristes (SER) et brillant spécialiste de la Révolution Française, auteur du savoureux « Parlez vous sans culotte ? » m’a fait passer il y a quelques jours un court texte extrait du Père Duchesne n°257, juillet 1793. Je le trouve brûlant d’actualité et finalement la meilleure réponse à ceux qui reprochent à Jean-Luc Mélenchon (et d’autres du PG) le parler « cru et dru » : « Si j’avais voulu trancher du bel esprit, je m’en serais aussi bien tiré qu’un autre. Moi aussi je sais parler latin ; mais ma langue naturelle est celle de la Sans-Culotterie ; j’aime mieux être lu des pauvres bougres, j’aime mieux leur apprendre de bonnes vérités, et les avertir des manigances des traîtres, que de prendre le ton de nos journalistes freluquets qui, pour plaire aux petites maîtresses et aux prétendus honnêtes gens, n’osent nommer les choses par leur nom. Il faut jurer avec ceux qui jurent, foutre. Ma rudesse, quoi qu’on en dise, ne déplaît pas autant que quelques viédases le prétendent. Tous ceux qui aiment la franchise et la probité ne s’effarouchent pas des bougres et des foutres dont je larde par-ci, par-là, mes joies et mes colères ; les oreilles si délicates qui sont déchirées de mes expressions les trouveraient délicieuses si je voulais être l’apôtre de l’aristocratie […] Il est donc clair que ceux qui s’offusquent tant de mon langage n’aiment pas la vérité, et, comme je n’ai cessé de la dire, ceux à qui je déplais si fort sont à coup sûr des aristocrates. » ACTUALITÉ : Loi d’amnistie sociale - Défendons les militants de premières lignes ! Mardi 14 Mai 2013, Laurence Sauvage, Secrétaire nationale en charge des Luttes sociales et responsable du Front des luttes Les militants de premières lignes sont les premières victimes de la répression syndicale et sociale. Ces militant-e-s s’appellent Cédric, Agathe, Dominique, Sébastien, Xavier, Olivier, et bien d’autres. Engagé-e-s dans de nombreux combats syndicaux, sociaux et associatifs, elles/ils n’ont de cesse de défendre l’environnement, l’emploi, le travail, la pollution publicitaire, l’accès aux droit à l’énergie et à l’eau pour les usagers, les services publics,… et ne craignent pas de monter en première ligne pour défendre les droits des citoyens, des salariés : de l’humain d’abord Aujourd’hui, ils paient très cher leur engagement. Pour des salarié-es qui n’ont que l’objectif de prendre la défense de leurs outils de travail, ils/elles sont trâiné-es devant les tribunaux par des patrons capitalistes pour soi-disant atteintes à « l’honneur des entreprises » alors qu’elles ne se privent pas d’annoncer des PSE pour garnir plus encore les comptes bancaires des actionnaires. Pourchassé-e-s par la justice pour refus de prélèvements ADN, alors que ces militants ne sont pas des criminels et que donc leurs noms n’ont rien à faire dans le fichier FNAEG. Condamnés lourdement pour participation a des mobilisations sociales, violences ou casse - sans preuves réelles souvent - ou pour avoir simplement avoir refusé l’entrée aux huissiers venus constater un mouvement de grève, militants anti-nucléaires, protecteurs de l’environnement, du bien-être des familles, de l’accès pour toutes et tous aux biens communs de l’humanité, déboulonneurs appelant à la désobéissance civile… ils subissent des pressions inadmissibles, des menaces, de la culpabilisation, des sanctions, la dégradation de leurs conditions de travail et la « mise au placard », ou sont condamné-e-s à des peines absurdes et absolument aberrantes. Aujourd’hui, la déception des français est très forte face à la politique de François Hollande, auquel ils ont voulu tenter de faire confiance il y a un an, un Président de la République qui a vite oublié que son élection n’était due qu’à vouloir se débarrasser de la politique de Nicolas Sarkozy, et qui pendant sa campagne présidentielle, ainsi qu’en début de mandat, avait portant promis une Loi d’amnistie sociale. Et pourtant, le gouvernement, par la voix d’Alain Vidalies, Ministre chargé des relations avec le Parlement, a fait savoir qu’il était contre cette loi, déjà rejetée par la commission des Lois de l’assemblée et que les député-e-s PS devaient respecter la position du gouvernement, naturellement sous la pression du MEDEF... Belle démocratie ! Alors aujourd’hui, on continue. Après une mobilisation sans faille du Front de gauche, la proposition de Loi d’amnistie sociale présentée par le Front de Gauche, une première fois arrachée et votée au Sénat le 27 février dernier à deux voix près passe le 16 mai prochain en séance publique à l’Assemblée nationale. Pour que l’action syndicale, sociale et associative ne soit pas reconnue comme un délit, pour que l’engagement militant reste un droit fondamental pour défendre les acquis sociaux, l’emploi, l’environnement, les services publics, pour que la muselière ne nous soit jamais imposée par les puissants, soyons nombreux le jeudi 16 mai 2013 à 12 heures devant l’assemblée nationale pour faire levier et appeler les député-e-s de gauche à respecter les engagements pris par le Président de la République devant les électeurs le 6 mai 2012. Crédit photo photosdegauche.fr (ducret) COMMUNIQUÉ : Laurence Parisot prend les salariés pour des pigeons et des idiots Lundi 13 Mai 2013, Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche Madame Parisot a le culot de dire au Premier ministre qu’elle tire "un bilan plutôt positif de la première conférence sociale" puisque le Medef a réussi à obtenir ce qu’il exigeait depuis des années : licencier plus vite, à moindre coût et avec le moins de recours juridique possible. Aussi ne se gêne-t-elle pas pour poser sur la table ses nouvelles exigences. "Une désindexation des pensions n’est pas souhaitable» dit-elle pour immédiatement proposer de repousser l’âge de départ en retraite à 65 ans au lieu des 62 ans à venir et exiger 43 ans de cotisations. Ceci signifie tout simplement qu’une majorité de salariés n’aura plus le nombre de trimestres nécessaires pour partir en retraite et devra soit continuer à travailler au-delà des 65 ans soit partiront avec des pensions de misère. Ce seraient évidemment ceux qui ont eu les carrières les plus précaires et les emplois les plus durs ainsi que les femmes qui ont déjà des pensions bien plus faibles que la moyenne qui seraient les plus pénalisés. Au moment où l’espérance de vie en bonne santé diminue (62 ans pour les hommes, 63 ans pour les femmes soit un an de moins) et où le nombre de retraités pauvres est reparti à la hausse, il serait scandaleux d’aller dans le sens des exigences du Medef. Madame Parisot n’est que la porte-parole française des politiques ultra-libérales de la commission européenne qui a convoqué François Hollande mercredi pour lui rappeler ses exigences. Il est honteux qu’un président se réclamant de la gauche accepte de se soumettre ainsi aux diktats du patronat et de la troika euroépenne. La solution passe par une autre répartition des richesses dont une réforme fiscale d’ampleur pour rétablir plus de justice sociale dans notre pays et par une relance économique créatrice d’emplois socialement utiles et écologiquement soutenables faisant rentrer des recettes dans les caisses de la Sécurité Sociale. Dans la suite de la marche du 5 mai, des répliques auront lieu dans plusieurs villes les 1er et 2 juin. Le Parti de Gauche appelle à dire clairement non à cette nouvelle régression sociale à l’occasion de ces initiatives. ÉDITO : Résister (aussi) aux bobards Lundi 13 Mai 2013, François Delapierre Dégonflons l’arnaque de la semaine. Convaincue par Hollande et Ayrault, la Commission Européenne aurait donné un sursis à la France et renoncé à l’austérité. Trois bobards dans une seule phrase. Mais d’abord un vocabulaire insupportable ! La France est-elle une délinquante pour que l’on lui accorde ainsi un « sursis » ? Cet abaissement de notre pays est ressenti par des millions de citoyens. Hollande en avait hier conscience. Vous vous souvenez peut-être qu’il s’était distingué dans la primaire socialiste en promettant d’aller plus vite dans la réduction des déficits que ne le prévoyait le programme du PS. Il avait alors juré ses grands dieux que cette politique ne lui était pas imposée de l’extérieur mais simplement conforme à l’intérêt national. Alors pourquoi se réjouit-il d’échapper aux objectifs de baisse des déficits s’il les a lui-même fixés ! La satisfaction qu’il affiche est l’aveu qu’il avait renoncé à notre souveraineté budgétaire en ratifiant le traité européen qui donne à la Commission non élue le droit de distribuer peines et sursis. De plus, la Commission n’a pas renoncé à sa funeste politique austéritaire. Non seulement aucune des coupes budgétaires annoncées par le pouvoir PS n’a été annulée. Le projet de budget pour l’an prochain prévoit encore de généraliser les baisses de crédits, qui frapperaient des secteurs jusqu’ici épargnés. Ensuite, la Commission assortit son délai d’une condition : l’accélération des « réformes structurelles ». Il s’agit notamment de l’allongement de la durée de cotisation pour les retraites. Le gouvernement en accélère docilement le calendrier ! Le sommet social chargé de l’endosser est avancé au 20 juin. Ayrault reçoit cette semaine les organisations syndicales. Il faut dire que la CFDT, favorable à une « réforme systémique » des retraites, n’est pas très chaude pour ouvrir à nouveau la voie aux projets du gouvernement. La signature de l’accord Made in MEDEF a fait de gros dégâts en interne et la direction de la confédération aimerait que Hollande assume davantage ses choix. Or ceux-ci sont économiquement, socialement et politiquement désastreux. L’allongement de la durée de cotisations fait déjà exploser le chômage des plus de 50 ans. La baisse recherchée du pouvoir d’achat des retraités percuterait l’économie (et creuserait les déficits). Et Hollande donne une fois de plus raison à Sarkozy et au MEDEF. La fable d’un François Hollande faisant évoluer la Commission européenne relève donc de l’humour noir. Non seulement la Commission ne renonce en rien à ses lubies néolibérales. Mais de plus, Hollande court devant ce qui justifie ses surenchères. Navrant spectacle que de voir ce président qui se définit comme « le bon élève de l’Europe » allant devant la Commission comme à un oral de l’ENA chercher sa bonne note. Nous devons en fait ce repli tactique à la résistance des peuples qui rejette les politiques austéritaires et ceux qui les incarnent. La Commission a été tétanisée par la défaite cuisante de Mario Monti en Italie, un homme qu’elle avait quasiment installé à son poste. Puis elle a été prise à revers par la décision du premier ministre libéral des Pays-Bas qui a renoncé à ses objectifs de réduction des déficits sous la pression des syndicats, tout comme à ses projets de gel des salaires dans la fonction publique ou d’assouplissement de la procédure de licenciement. Deux mesures qui trônent en bonne place dans la « boîte à outils » de François Hollande ! En Europe comme en France, une seule chose paie face à l’austérité : la résistance. RADIO DE GAUCHE : Euro - "Il faut désobéir à la politique monétaire européenne" : Guillaume Etiévant, secrétaire national du Parti de Gauche Dimanche 12 Mai 2013, Sylvain Trotel D’après le discours dominant, nous sommes condamnés à subir l’Euro ou à en sortir dans un repli identitaire. Pour le Parti de Gauche, l’euro doit être profondément réformé, par la désobéissance aux diktats européens. La BCE doit être mise au service des États. Si la France engage ces réformes de nombreux partenaires européens la suivraient, nous explique Guillaume Etievant, secrétaire national au Parti de Gauche. La sortie de l’Euro n’interviendrait, ainsi, qu’en dernier recours. VU D’AILLEURS : Opiam - Diabolisation visuelle de Mélenchon dans les médias Dimanche 12 Mai 2013, Opiam Deux analyses très complémentaires sont réunies ici. D’abord, une analyse iconographique d’André Gunthert, historien, enseignant-chercheur en culture visuelle et maître de conférences à l’EHESS. Puis quelques montages réalisés par la presse, et des variations à l’infini sur le thème de la diabolisation visuelle (trouvés sur le forum "Sans entraves") : I. De Hitler à Mélenchon. Petite généalogie de la diabolisation visuelle La narration visuelle au service du journalisme fait rarement dans la dentelle. En ce jour de manif du Front de gauche, le Monde.fr a remis en Une le signalement du long article d’analyse politique de Raphaëlle Besse Desmoulières et Vanessa Schneider publié dans “M le magazine”, illustré par une photo noir et blanc d’un Mélenchon vociférant, parfaitement raccord avec les éléments de langage gouvernementaux (voir ci-dessus). La presse de la middleclass entretient une allergie notoire pour le leader gauchiste, qui s’exprime abondamment par l’image. Un récent article de Libération comportait un choix iconographique qui tapait délibérément sous la ceinture, en dévoilant l’oeil noir d’un Méluche comme sorti d’un puits d’ombre. L’association avec Marine Le Pen constitue un classique de la dénonciation du populisme mélenchonien, que le Journal du Dimanche reprend dans son édition d’aujourd’hui (voir ci-dessous). Rien n’interdit à un journal d’opinion de critiquer celles qui l’indisposent. Le Monde entretient de surcroît de mauvaises relations avec le dirigeant, qui a insulté un de ses journalistes. Mais un pas est franchi avec la photo de Laurent Hazgui, dont le noir et blanc, traitement rare dans le registre du portrait politique, souligne la violence tout en évoquant un rapport au passé. Comme le délit de sale gueule, l’attaque iconographique ne fait pas appel à des arguments politiques ou philosophiques, mais construit sur le mode de la médisance un document accusatoire qui s’appuie sur l’aspect physique et sur des jeux associatifs plus ou moins avoués¹... Lire la suite sur le site de l’OPIAM (Observatoire de la propagande et des inepties anti-mélenchon) ARTICLE VIE DE GAUCHE : Parti de Gauche des Côtes d'Armor (22) - Marche pour la 6e République Samedi 11 Mai 2013 DIRECT DE BLOG : Diabolisation de Mélenchon et nombrilisme journalistique : les errements du magazine du « Monde » Samedi 11 Mai 2013, Antoine Léaument Crédit photo Journal Le Monde Odieuse. Comment qualifier autrement cette édition du magazine du Monde, datée du 4 mai 2013 ? A la veille de la marche du 5 mai (qui a réuni 180 000 têtes dures, n’en déplaise à Monsieur Valls), le journal de révérence par excellence a essayé de plomber l’ambiance avec une couverture propre à effrayer le nanti ; au milieu de photos d’un meeting où le coprésident du Parti de Gauche est systématiquement présenté comme violent s’étale un titre, racoleur : « Le grand MÉCHANT Mélenchon » – « méchant » est bien en majuscules, je n’en rajoute pas. Quand j’ai vu cette couverture, qui a été rendue publique quelques jours avant la parution, j’ai d’abord cru à une blague : venant du Monde, ça me semblait trop gros, trop lourd, trop pataud. Une fois l’information confirmée, j’ai ensuite pensé qu’il s’agissait d’une façon intelligente et drôle d’amener des articles qui allaient en fait faire l’étude des mécanismes médiatiques de diabolisation de Mélenchon, à l’œuvre un peu partout en ce moment. Cet espoir de lire un ou des articles d’une analyse sémiologique poussée a évidemment été déçu : le papier correspondant à la couverture fait en réalité exactement l’inverse et apporte seulement un peu d’eau au moulin de la diabolisation mélenchonienne. Il constitue d’ailleurs un parangon de ce type d’articles, et je voudrais ici l’analyser afin de mettre en évidence les ressorts employés par les journalistes qui l’ont écrit : Raphaëlle Besse Desmoulière et Vanessa Schneider. Mais l’analyse que je souhaite faire ici serait incomplète si je n’y étudiais pas aussi un autre élément que l’on retrouve dans un grand nombre d’articles concernant Jean-Luc Mélenchon : le nombrilisme journalistique. I) Diabolisation de Mélenchon Trois grands éléments de diabolisation de Jean-Luc Mélenchon sont utilisés dans cette édition du magazine du Monde : des dispositifs visuels, des dispositifs lexicaux et, enfin, des dispositifs thématiques. 1) Le dispositif photographique Le premier élément technique utilisé dans l’entreprise – consciente ou non – de diabolisation de Jean-Luc Mélenchon est un dispositif photographique. Il s’agit d’abord évidemment de la couverture, qui juxtapose des clichés d’un meeting où le coprésident du Parti de Gauche est ostensiblement présenté comme un homme « énervé », « en colère » et « méchant » (je mets ces termes entre guillemets puisqu’ils apparaissent, nous le verrons ci-après, dans le champ lexical utilisé par les auteures de l’article). Les photographies utilisées à l’intérieur du magazine pour illustrer le papier de Raphaëlle Besse Desmoulière et Vanessa Schneider ne sont pas en reste. Sur deux de ces photographies, Mélenchon « crie » (encore un terme du champ lexical utilisé par les auteurs). Sur une autre, il semble « en colère » (même remarque) mais une seconde photo est apposée dessus et présente le coprésident du Parti de Gauche (pas vraiment à son avantage) se recoiffant devant trois micros ; comprenez : « il tape sur les journalistes mais ne refuse jamais une interview ». Je n’extrapole pas : c’est peu ou prou ce qui est écrit tout au long de la page 38 de cette édition du magazine du Monde. Pages 35 et 36 de l’édition du magazine du monde datée du 4 mai 2013 2) Le dispositif lexical Le second élément utilisé dans l’entreprise de diabolisation de Jean-Luc Mélenchon est un dispositif lexical et il est en fait à l’origine de ma volonté de rédiger cet article. Lorsque j’ai lu le papier de Raphaëlle Besse Desmoulière et Vanessa Schneider, je me suis dit qu’il pourrait être intéressant de surligner les mots relevant soit du champ lexical de la violence soit visant à déprécier plus directement le coprésident du Parti de Gauche, et de lire tous ces mots surlignés d’une traite. J’ai été moi-même étonné du résultat… MÉCHANT / coup de gueule / rage politique / attaques virulentes / radicalise / rebelle colérique / Mélenchon est tétanisé / mal à l’aise / grande gueule / orateur virulent qui défouraille à tout-va / ne fait pas le malin lorsqu’il croise plus énervé que lui / bravache / tribun provocateur flirtant avec le populisme / homme en colère / rien ne semble l’avoir apaisé / quelqu’un qui est en colère / verve tonitruante / mauvais caractère / rage qu’il laisse déborder / hargne / il fustige / hargne / hargne / asséné / détestation ancrée de longue date / ce qui ne l’empêche pas de se plaindre / attaque régulièrement / il s’attaque / il peut refuser d’adresser la parole / il houspille sans ménagement / rien ne semble lui convenir / ses colères sont de plus en plus fréquentes / il s’en prend à / cinglant / l’insulte / la diffamation / il s’en prend à / injures / intimidations / dérives fascisantes dont il est lui-même devenu coutumier / colères / soupe au lait / pousser des gueulantes est dans sa nature / montées de colère / violence / il gueule un bon coup / susceptible / il supporte peu la critique / en rage / sa détestation / éructer / bouderies / radicalisation / en colère / trop sectaire / colère qu’il ne cesse de déverser / excès paranoïaque / crie sur tous les toits. Edifiant, n’est-ce pas ? Pour un article de trois pages, le moins qu’on puisse dire c’est que Raphaëlle Besse Dessmoulière et Vanessa Schneider ont chargé la mule, en usant de divers dispositifs pour noyer le poisson, et notamment en utilisant un certain nombre de citations d’adversaires ou de proches de Jean-Luc Mélenchon, manière de dire : « vous voyez, tout le monde est d’accord ». Trois pages d’élucubrations journalistiques. Pas un mot sur le fond. 3) Le dispositif thématique Le dernier élément qui participe d’une diabolisation du coprésident du Parti de Gauche repose sur le ressassement de thèmes récurrents ; plus poétiquement, on pourrait dire qu’il s’agit là de brasser du fumier. Tout y passe : il « fustige » « les riches et les bourgeois » alors qu’il en est un (propos cher à Marine Le Pen qui, contrairement à Jean-Luc Mélenchon, n’a toujours pas révélé son patrimoine), il « attaque » les journalistes alors qu’il « parcourt les plateaux de télévision », il « partage (…) un langage commun » avec Marine le Pen et, enfin, il a une « présence épisodique » au Parlement européen. Bref : il faut que ça rentre dans votre tête, de gré ou de force : Mélenchon ne peut ontologiquement pas défendre le peuple parce que c’est un bourgeois, il ne peut que faire semblant de taper sur les journalistes parce qu’il est toujours à la télé et d’ailleurs vous en savez quelque chose parce que vous n’arrêtez pas de l’y voir, il est aussi dangereux que Le Pen puisqu’il utilise les mêmes mots (notons, fait rare, qu’il est tout de même précisé dans l’article qu’il « propose des solutions radicalement différentes » de cette dernière) et, enfin, c’est évidemment un profiteur puisqu’on ne le voit pas beaucoup au Parlement européen alors qu’il n’arrête pas d’en faire des caisses sur les élus du peuple et toutes ces salades. II) Le nombrilisme journalistique Je voudrais maintenant analyser un point qui ne concerne pas directement le traitement médiatique de Jean-Luc Mélenchon mais qui y est tout de même lié puisque, pour tout interviewer qui se respecte, il est presque devenu une règle de commencer son entretien en demandant au coprésident du Parti de Gauche s’il ne trouve pas qu’il exagère quand même un peu avec ces pauvres petits journalistes qui, après tout, ne font que leur travail. L’article de Raphaëlle Besse Desmoulière et Vanessa Schneider est en effet révélateur d’un autre travers actuel du journalisme : le nombrilisme. « Moi, moi, moi et mes petits copains » : voilà ce qui intéresse désormais le journaleux moyen. Je ne résiste pas à l’envie de faire ici un petit relevé du champ lexical des médias. Journalistes / plateaux de télévision / plateau de télévision / Grand journal / studios / les journalistes / plateaux de télévision / émission « Des paroles et des actes », sur France 2 / record d’audience / grandes émissions / la presse / Le Monde / journal / journalistes / interview / émissions de grande écoute / divertissement / « On n’est pas couché », l’émission de Laurent Ruquier sur France 2 / émission / divertissement / starlette lambda / audiences / le plateau de l’animateur vedette / magazine GQ / la plume / Les dépêches du Jura / médiacrates / éditorialistes / journalisme / rubricards des quotidiens / les photographes / interviewé par Le Monde, TV5 et RFI / étudiant en journalisme / bus des journalistes / photographe de Libération / un journaliste de L’Express / journal / hebdomadaire / Christophe Barbier, directeur de la rédaction / médias / tribunes / gens de médias / des journalistes / émissions de télévision. Au final, l’article considéré parle autant de Mélenchon que des journalistes. Plus exactement, une bonne partie de l’article est consacrée à l’étude du rapport que le coprésident du Parti de Gauche entretient avec ces derniers : sur trois pages rédigées, ce sujet représente à lui seul une page entière. Nombrilisme. III) Petits conseils En fait, comme toujours, il manque une chose fondamentale à cet article : une étude du fond et des propositions. Jean-Luc Mélenchon est toujours ramené par les journalistes à la forme de son discours, et ceux-ci lui reprochent ensuite de « ne pas faire de propositions concrètes » alors qu’il est systématiquement contraint de lutter avec les dispositifs médiatiques mis en œuvre contre lui pour pouvoir présenter son programme politique. Raphaëlle Besse Desmoulière et Vanessa Schneider écrivent par exemple, je l’ai dit, que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon proposent « des solutions radicalement différentes » ; fort bien… qu’elles se fendent alors un jour d’un article qui montre que la présidente du Front national est une grande protectrice du capitalisme alors que Jean-Luc Mélenchon en est l’adversaire résolu, plutôt que de systématiquement ramener l’un et l’autre dans le panier fourre-tout du populisme. Et d’ailleurs, puisqu’on parle de « populisme », qu’elles commencent par définir ce terme et par nous montrer concrètement ce qu’elles y font entrer. Il est grand temps que les journalistes comprennent qu’ils ont un rôle puissant dans la construction du réel et que, comme les analystes financiers, ils donnent parfois largement dans la prophétie auto-réalisatrice. S’ils souhaitent réellement que Jean-Luc Mélenchon arrête de les « houspiller », qu’ils cessent de lui demander s’il ne regrette pas ses propos et si, quand même, il n’est pas un peu populiste sur les bords ; qu’ils prennent....lire la suite sur le blog d’Antoine Léaument VU D’AILLEURS : Mélenchon: l’homme central de la politique française Vendredi 10 Mai 2013, A Gauche pour de Vrai ! Depuis plusieurs semaines maintenant, le Front de Gauche en général et Jean-Luc Mélenchon en particulier, sont devenus l’épicentre de la vie politique française. Pas une déclaration du premier ministre ou d’un second couteau de l’opposition tel Gérard Longuet, pas un mot du F haine ou des ultras réactionnaires de la manif pour tous sans que le FDG ou Mélenchon ne soient la référence de la réflexion ou de l’action. Des mots aux images utilisés, tout tourne désormais autours de la gauche progressiste et écosialiste. Pour s’en convaincre, il suffit de passer au fil de la comparaison et de l’analyse le discours d’une classe politique totalement désemparée face à la marée citoyenne qui gagne le pays à l’initiative d’un Front de Gauche qui rassemble. Commençons par la comparaison et l’analyse des images. Au Front de Gauche, ce qui prime c’est le peuple. Aussi, est-il naturel qu’il soit au centre des représentations visuelles. A l’image du bandeau que l’on retrouve sur le site “place au peuple”. On y voit un peuple en action, en rouge qui opère un mouvement dans le but de réellement changer la politique et ses pratiques, dans le but de réellement changer la vie. Les médias tentent d’imposer l’idée que c’est le F Haine qui impose sa vision au reste de la classe politique. Pourtant, c’est le F Haine qui courre derrière le Front de Gauche en reprenant son visuel phare. Le peuple est devenu bleu, mais il agite drapeaux et banderoles. Ce simple changement de couleur ne peut masquer le plagiat incroyable opéré par la formation fasciste. Ce plagiat révèle un F Haine en carence intellectuel grave face à un Front de Gauche productif et inventeur d’une nouvelle manière de faire de la politique. Comme est novatrice sa convocation du peuple, des citoyens pour allez vers une révolution idéologique, pour aller vers un renversement des idées préconçues telle cette soit disant obligation de rembourser une dette impayable. Mais nous y reviendrons. Pour l’instant restons en toujours aux images. Quoi de plus normal alors que de convoquer les symboles visuels les plus parlants de la révolution citoyenne de 1789? Les manifestants du Front de Gauche défilaient le 18 mars 2012 comme le 5 mai 2013 avec des bonnets phrygiens rouges sur la tête pour réclamer une 6e République. Les ultras conservateurs catholiques, attachés à un clergé réactionnaire refusent le mariage pour tous, refusent l’égalité des droits…alors ils portent sur la tête un bonnet phrygien. Le plagiat suit le même processus, seule la couleur change…Mais ils ont conscience, eux aussi, que c’est bel et bien le Front de Gauche qui fait la course en tête, qui a raison de convoquer les citoyens. Alors ils imitent, d’un rose pâle, avec des Mariannes qui dissimulent à peine une Marie pourtant mère d’un enfant élevé par deux pères… Poursuivons avec la comparaison et l’analyse des mots. Le slogan que le porte voix du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, scandait durant la présidentielle est resté dans les mémoires: “l’humain d’abord”. Il s’agissait même du titre donné au programme politique de la gauche écososialiste. Le Front de Gauche criait également sa volonté de donner toute sa “place au peuple”. Un an plus tard, le F Haine s’est trouvé un nouveau mot d’ordre: “le peuple d’abord”. D’évidence, le ridicule ne tue pas chez les Le Pen. Plus c’est gros, moins ça se voit doivent-ils penser. A Gauche pour de Vrai! nous avons vu alors nous donnons à voir comment Jean-Marie, Marine et Marion, probablement durant un brainstorming fumeux ont contracté “l’humain d’abord” et “Place au Peuple”. Pourtant, les médias continuent de dire que les copieurs sont des inventeurs, les usurpateurs des leaders. Enfin, lors de l’émission ” des paroles et des actes” de la fin du mois d’avril de cette année, Jean-Luc Mélenchon a démontré.... lire la suite sur le blog d’A GAUCHE POUR DE VRAI Crédit photo photosdegauche.fr (michel_soudais) ÉDITO : Le 5 mai dans la rue, maintenant on continue Vendredi 10 Mai 2013, Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche La marche du 5 mai a donc été un magnifique succès. Rien n’était gagné d’avance. Mais nous y sommes arrivés. On peut tirer plusieurs leçons de cette réussite. D’abord nous avons su sentir l’attente de l’électorat mobilisé pour virer Sarkozy et qui après un an de gouvernement PS est furieux de la politique menée. Il fallait oser prendre l’initiative, nous l’avons fait. La marche démontre aussi que le Front de Gauche garde une forte capacité d’action et c’est une grande victoire car rien ne garantissait un niveau de mobilisation à la hauteur de la campagne présidentielle. Ensuite l’ appel à cette marche contre la finance et l’austérité et pour la 6e République a permis un élargissement significatif au delà du Front de Gauche. C’est d’abord l’appel de plusieurs structures CGT locales ou de branche, ce qu’il faut souligner car il est très rare que des structures syndicales appellent à une initiative politique. Cela correspond à cette exaspération sociale qui monte dans le pays. Ce sont ensuite d’autres forces politiques qui se sont jointes à la marche : Utopia, NPA et bien sûr les membres d’Europe Ecologie-Les Verts venus avec Eva Joly. Des mouvements associatifs ont tenus à tenir des stands sur le parcours de la marche : RESF et le DAL par exemple. Les réactions du gouvernement, du PS et des médias qui leur sont liés, sont donc significatives : la réussite leur est insupportable car elle souligne d’autant plus leur échec. Nous n’avons évidemment pas changé le rapport de force en une marche. Mais nous avons déjà redonné confiance à toutes celles et ceux qui cherchent une alternative et qui regardent en direction du Front de Gauche pour la porter. Et maintenant ? C’est l’’éditorial du Monde de mardi qui résume le mieux l’action de François Hollande "ce socialiste a fait des choix difficiles, inédits pour un président de gauche : ...le compromis avec les marchés..." Pour eux c’est un compliment. Pour nous, cela résume tout ce que nous exécrons : la soumission devant la finance. Mais François Hollande trouve que faire passer les lois devant le parlement prend encore trop de temps malgré toutes les procédures d’urgence inventées par son prédécesseur et qu’il n’a pas hésité à utiliser pour imposer la loi du Medef. Une petite phrase glissée dans son dernier discours annonce donc le recours massif aux ordonnances. Quand on vous disait que la 5ème République était de moins en moins démocratique et qu’il fallait la balayer pour passer à la 6ème. Nous continuerons donc non seulement à dire ce que nous pensons de la politique de ce gouvernement mais aussi à mobiliser contre en cherchant à élargir toujours plus l’arc de ceux qui refusent de se soumettre et de se taire. C’est donc la tâche des mois de mai et juin : maintenir la pression à l’occasion des votes au parlement des différentes lois : ANI au sénat le 14 mai, amnistie et proposition de loi contre les licenciements boursiers à l’assemblée le 16 mai. Tout le monde ne pouvait pas venir à Paris pour cause de coût financier le 5 mai ? Alors place à votre imagination pour organiser partout, dans le cadre unitaire le plus large possible, des répliques au niveau local (marches, rassemblements …) les 1er et 2 juin, journée contre les politiques de la troïka européenne, aux côtés de peuples espagnols et portugais. DIRECT DE BLOG : 10 mai 1793 – 10 mai 2013 : les leçons de Robespierre Vendredi 10 Mai 2013, François Cocq La grande révolution française de 1789 est un tout. La rupture avec l’ordre établi y a progressivement nourri la question sociale et s’y est inversement renforcée pour définir une convergence universelle. A sa façon, la révolution citoyenne est elle aussi un processus en construction dont le 5 mai 2013 est désormais un point d’étape décisif. La marche citoyenne contre la finance et l’austérité et pour la 6e République qui a déferlé entre Bastille et Nation a marqué la jonction entre la fulgurance de la lutte des classes et la réappropriation par le peuple de son désir, de son besoin et de son devoir de souveraineté. Cette subtile alchimie du 5 mai doit maintenant être stabilisée. C’est la méthode pour y parvenir qui nous est donc posée. Les meilleurs des nôtres, confrontés au même défi, nous ont livré des éléments de réponses. Il y a 220 ans jours pour jour, le 10 mai 1793, Maximilien Robespierre montait à la tribune de la Convention pour y prononcer son inoubliable discours Gouverner la République : « L’homme est né pour le bonheur et pour la liberté, et partout il est esclave et malheureux ! La société a pour but la conservation de ses droits et la perfection de son être, et partout la société le dégrade et l’opprime ! Le temps est arrivé de le rappeler à ses véritables destinées ; les progrès de la raison humaine ont préparé cette grande révolution ». Pour y parvenir, Robespierre propose l’instauration d’un cadre qui refuse que « l’intérêt des hommes en place » devienne la mesure de l’intérêt général, un cadre qui se substitue aux institutions qui ont « l’art de dépouiller et d’asservir le grand nombre au profit du petit nombre ». Ce que propose Robespierre, c’est une économie politique populaire. Mais c’est au souverain à assumer son devoir et à la mettre en œuvre par la force de la loi suprême : une nouvelle constitution : « C‘est à vous maintenant de faire [votre métier], c’est-à-dire de rendre les hommes heureux et libres par les lois. ». Pour Robespierre, la constitution correspond donc à une réponse d’ensemble. C’est une ligne d’action à mettre en œuvre pour faire face en un même mouvement aux ravages de la misère qui frappe le pays, aux trahisons des ennemis de l’intérieur et à l’affaissement des velléités transformatrices d’une partie du corps politique. Quelques jours auparavant, le 4 mai 1793, après le printemps de la vie chère et les émeutes de mars, la loi du maximum départemental des prix des grains et des farines était en effet votée. Dumouriez avait trahi, la Vendée s’enracinait dans le sol de l’ancien régime, la Gironde tenait la Convention et se faisait plus ardente que jamais contre la Montagne de peur de voir les intérêts des siens remplacés par l’intérêt général. L’ordre ancien se cambrait et la question sociale dessinait chaque jour plus nettement les contours entre l’oligarchie et le peuple. Le 8 mai 1793, aux Jacobins, Robespierre les précisaient d’ailleurs : « Celui qui n’est pas pour le peuple, celui qui a des culottes dorées est l’ennemi de tous les sans- culottes. Il n’existe que deux partis, celui des hommes corrompus et celui des hommes vertueux […]. Il n’est que deux classes d’hommes, les amis de la liberté et de l’égalité, les défenseurs des opprimés, les amis de l’indigence, et les fauteurs de l’opulence injuste et de l’aristocratie tyrannique. Voilà la division qui existe en France. Eh bien ! Ces deux classes d’hommes doivent être séparées si l’on veut éviter la guerre civile. » C’est pourquoi alors même qu’il définissait ainsi la nature de l’objectif politique : « La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d’exister ; toutes les autres sont subordonnées à celle-là », Robespierre rappelait que la méthode pour l’atteindre suivait un chemin plus sinueux mais plus large : pour instituer et enraciner le partage comme règle commune, il fallait faire tomber l’oligarchie ; pour faire tomber l’oligarchie, il fallait offrir au peuple le plus grand dénominateur commun à ses aspirations : l’élargissement de ses droits politiques, la refondation d’une société qui repose sur la vertu, c’est-à-dire le bonheur par le souci de l’intérêt général. Voilà donc avec 220 ans d’écart les germes qui ont commencé à fleurir le 5 mai lors de la marche citoyenne contre la finance, l’austérité et pour la 6e République. La leçon de Robespierre que chacun-e peut célébrer par la relecture de son discours Gouverner la République, nous l’avons traduite à notre façon en concluant notre marche du 5 mai en franchissant place de la Nation ce portail symbolique sur lequel était imprimé : « Ensemble jusqu’à la 6e République ». L’oligarchie sait désormais que le peuple vient reprendre ses droits et en définir de nouveaux. Ceux qui institueront à tous les niveaux le partage par la transformation sociale, démocratique, écologique et républicaine de la société. Vite, la constituante ! COMMUNIQUÉ : Le 11 mai, Notre Dame des Landes construit sa chaîne de solidarité Vendredi 10 Mai 2013, Voir liste des signataires en fin de communiqué L’année 2013 marque une nouvelle étape dans notre combat contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes : les liens tissés entre les paysans, les élus, les 200 comités de soutien et les militants de la ZAD donnent la voie pour un abandon de ce projet. Après les rapports accablants de la "commission du dialogue", du "collège d’experts scientifiques" et de la "mission d’expertise de l’impact sur l’agriculture", les promoteurs du projet sont encerclés par des contraintes de tous ordres, écologiques, politiques, économiques et même juridiques. Symbole d’un système qui sacrifie les terres vivrières, l’emploi agricole et la préservation de la biodiversité, le projet d’aéroport et le développement du transport aérien sont aussi contraires aux objectifs de réductions d’émissions de gaz à effet de serre. Nous appelons donc à poursuivre la résistance, contre l’aéroport, contre le bétonnage des terres agricoles, contre la toute puissance de la multinationale Vinci, contre l’entêtement des élus PS et du gouvernement Ayrault à réaliser ce Grand Projet autant Inutile que dispendieux. Pour renforcer cette lutte, les organisations politiques signataires, membres du Front de Gauche appellent à construire nombreuses et nombreux la chaîne humaine autour de Notre Dame des Landes le samedi 11 mai. Les sympathisant.e.s et militant.e.s du Front de Gauche opposants au projet d’aéroport ont rendez-vous sur la partie Est de la chaine, route de NDL vers Grandchamps au niveau de la Chanais: RV FdG sur Chaine Humaine NDL 11 Mai. (*) Nous ne lâcherons rien, ni à Notre Dame des Landes, ni ailleurs ! Les Alternatifs, Fédération pour une Alternative Sociale et Écologiste, Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire, Parti de Gauche, Parti Communiste des Ouvriers de France, Convergences et Alternatives, Parti Communiste de Vendée, Parti Communiste du Morbihan. =*=*=*=*=* Pour le Parti de Gauche, c’est Martine Billard, co présidente du PG, qui conduira la délégation présente à Notre Dame des Landes. Les militants du PG, engagés fermement dans la bataille contre le projet d’aéroport sont à nouveau mobilisés de toute la France. *: Si arrivée par Grandchamps ou Treillières (Porte 3 sur le site d’organisation http://www.chaine-humaine-stop-aeroport.org/fr/ ) : prendre la D326 direction Vigneux. Traverser la N137 sur le pont(route Nantes/Rennes), 1ère route à droite vers NDL (reste environ 1 km). ACTUALITÉ : Film - Chronique d’une déshumanisation ordinaire Jeudi 9 Mai 2013, Jean-Luc Bertet Un film documentaire, Entrée du personnel, relate la violence quotidienne faite à des travailleurs d’usine et l’impasse définitive d’un tel mode productif tant à l’échelle individuelle que civilisationnelle. A voir absolument L’image est saisissante. Sept hommes, d’âge divers, s’alignent les uns à côté des autres devant un parterre gazonné. Derrière eux, une route passante et bruyante. En arrière-plan, une usine. Sans un mot, le premier se lance dans une série de gestes précis et obscurs. Un par un, ses camarades se joignent à lui, chacun dans un registre différent. Les mouvements se répètent, rapides, avec la précision d’automates dont l’ensemble esquisse un troublant ballet mécanique. Les ouvriers de ce qui se trouve être l’abattoir situé derrière eux rejouent, à vide, leur travail quotidien. « Une fois qu’on a appris le geste, on est comme des machines. » Entrée du personnel est un documentaire sorti en salle le 1er mai. Il mettra d’accord ceux qui se disputent pour savoir si ce jour célèbre la fête des travailleurs ou de celle du travail. Il n’en subsiste que la servitude des premiers et la monstruosité de ce qu’est devenu le second. Manuela Frésil a mis sept ans à réaliser son film, primé en toute justice dans tous les festivals. Il ne se réduit pas à un reportage même pertinent comme on a pu en voir sur le travail à la chaîne. Sept récits anonymes dits par des comédiens, quelques témoignages à visage découvert, se juxtaposent à des images de chaîne que, blasé par le spectaculaire médiatique, l’on trouvera presque banales. Mais si la cinéaste n’a cédé à aucune facilité, d’autant plus tentante dans le cadre d’un abattoir, c’est pour mieux en souligner la violence. Violence de la chaîne qui impose son rythme, violence d’un corps à corps entre les tonnes de viande manipulées, soulevées, découpées par des hommes et des femmes grimaçant sous l’effort et les cadences dans un infernal vacarme, violence des blessures infligées sous forme de handicaps articulaires définitifs, violence des cauchemars récurrents où chacun est poursuivi la nuit, entre deux insomnies dues aux douleurs physiques, par les bêtes qu’il tue, tranche ou emballe, violence d’un quotidien qui apprend l’indifférence à l’égard des animaux, de ses collègues, de soi-même, violence des rapports de travail… Le témoignage d’une ouvrière devenue chef de ligne expose comment l’on attendait d’elle qu’elle vole chaque jour quelques précieuses minutes en augmentant presqu’insensiblement la vitesse de la chaîne pendant de courts instants. Elle a préféré redevenir simple opératrice. Un collègue, qui a joué le jeu de la promotion personnelle et qui a cru à la nécessité de l’augmentation de la production, revient sur le rôle des machines, de leur progrès qui n’a fait qu’accroître les contraintes. Car dorénavant, constate-t-il, les hypermarchés avec leurs promotions permanentes ont tellement fait baisser les prix que la hausse de la productivité ne peut plus les compenser. « Sur quoi peut-on gagner ? Les ouvriers ? On arrive à des cadences où je ne vois pas comment on peut aller plus loin. » C’est en réalité tout un échec de civilisation qu’expose cette Entrée du personnel. Les conditions de production, les souffrances morales, physiques qu’elles imposent aux travailleurs sont non seulement révoltantes, intolérables et injustifiables (que l’on songe à l’indécence des experts médiatiques ou du Medef polarisé sur la croissance de ses seuls profits assénant sans relâche les nécessités d’en faire plus : flexibilité, augmentation du temps de travail, efforts en tout genre…) mais elles ont atteint leurs limites. Ce voyage au bout de la déshumanisation est parvenu à son terme. Il n’y a plus qu’une seule destination possible : l’humain d’abord et vite ! Jean-Luc Bertet Entrée du personnel, de Manuela Frésil, 59 minutes. En salle. ARTICLE VIE DE GAUCHE : Saint-Gratien condamnée Jeudi 9 Mai 2013, Le Parti de Gauche du Val d'Oise Enfin l’égalité ! La mairie de Saint-Gratien a été condamnée par le tribunal administratif de Pontoise pour ne pas avoir respecté le principe d’égalité entre les enfants. Ce combat mené par la FCPE et le collectif de soutien aux enfants des réfugiés voit enfin une issue d’égalité. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette condamnation du maire qui ne souhaitait pas que les enfants de réfugiés puissent accéder à la cantine et à la garderie peri-scolaire. La mairie a été condamné pour avoir oublié l’égalité d’accès pour tous aux services publics. Cette victoire doit servir d’exemple pour tous ceux qui luttent pour faire respecter les droits de tous. Au moment où le gouvernement ne souhaite pas amnistier les syndicalistes, les militants de RESF, les anti-OGM... la décision du tribunal de Pontoise ne peut que nous conforter dans nos actions militantes pour faire respecter les droits de l’homme et faire avancer les idées progressistes. Une école pour tous ! Un toit pour tous ! Un travail pour tous ! DIRECT DE BLOG : L’An II fois pire Jeudi 9 Mai 2013, François Delapierre   Après l’immense succès du 5 mai, il faut constater un autre élément de continuité entre François Hollande et Nicolas Sarkozy : leur attitude face aux mobilisations populaires venues de la gauche. La réponse du pouvoir à la marée citoyenne du 5 mai n’a rien à envier aux postures si habituelles sous la Cinquième République d’un exécutif « droit dans ses bottes », avec seulement les talonnettes en moins. C’est Ayrault qui s’est chargé de promener un visage de marbre dimanche au JT de TF1. Les 180 000 personnes dans la rue ont été évacuées avec mépris : « Mélenchon va jusqu’à proposer dans certains de ses discours de ne pas rembourser la dette, ce n’est pas sérieux ». Ce n’est pas Claire Chazal qui allait le relancer sur le sujet. Elle a préféré insister sur les « entrepreneurs » qui s’inquiètent du surmoi socialiste qui pourrait subsister dans ce gouvernement par ailleurs si accommodant. Ayrault a pu les rassurer. La principale annonce de sa pesante prestation, pain bénit pour les pigeons, se dissimule derrière une formule : l’Etat va « dégager une partie [du capital des entreprises dont il est actionnaire] pour financer l’investissement ». Cela valait la peine de réorganiser le service de communication de Matignon pour inventer cela, non ? Dit en français, il s’agit de privatiser. Et pas n’importe quoi : les entreprises du secteur énergétique comme Areva, EDF et GDF-Suez. Ceci juste après l’ouverture au secteur privé des concessions des barrages hydro-électriques. Décidément ce premier ministre qui s’est présenté comme un cultivateur obligé de replanter plusieurs fois les mêmes graines n’a pas la main verte. Le lendemain, nouvel exercice de communication avec un séminaire gouvernemental à l’issue duquel la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem déclare : « il faut être offensif ». Elle aurait pu ajouter contre le peuple quand on entend la suite du programme : « garder la ligne envers et contre tout ». On croirait quelqu’un qui promet de faire un régime la veille de Noël ! Et pour que le message soit clair, elle a ajouté texto : « il ne faut surtout pas changer de braquet ». Cette porte fermée l’est directement dans la figure de Pierre Laurent et de plusieurs responsables de la gauche du PS qui avaient utilisé cette formule en précisant parfois qu’elle était largement préférable à l’excessif coup de balai réclamé par Jean-Luc Mélenchon. Autrement dit, le gouvernement n’admet même pas la critique latérale. Il renforcera donc la critique frontale. Car il lance un défi à tous ceux qui s’opposent à l’austérité : à vous de changer de braquet. Le pouvoir annonce en effet qu’il ne bougera rien. L’an II s’ouvre par des privatisations. Il prévoit la ratification de l’accord made in Medef, la mise en œuvre de l’acte III de la décentralisation, l’allongement de la durée de cotisation pour les retraites et de nouvelles coupes dans les dépenses visant à la fois les services publics et les collectivités locales. Il est dans la continuité du projet sarkozyste que le candidat Hollande résumait ainsi : « le démantèlement du droit du travail avec ces accords compétitivité-emploi, la mise en cause d’un certain nombre de droits fondamentaux pour la protection sociale, les attaques contre les collectivités locales jugées trop dépensières, c’est l’austérité comme seule perspective ! ». On notera qu’à cette époque Ayrault n’avait pas dit comme il l’a prétendu à ce JT que l’austérité est une « invention de propagande ». Pauvre ruse ! Même cette dérobade face à nos critiques a été jugée trop désagréable pour les oreilles d’Angela Voldemort. Elle n’a donc duré que 24 heures. A Berlin, l’inénarrable Pierre Moscivici en a rabattu pour conserver la « compréhension » de son homologue conservateur Schaüble : « nous ne voulons pas faire des plans d’austérité qui vont plus loin que le nécessaire ». Oui vous avez bien lu. Quand ils sont devant la droite allemande, les voilà qui minaudent : notre programme c’est l’austérité petit braquet. Quelle déchéance ! J.L. Mélenchon sur LCI dans "Politiquement Show... par lepartidegauche Je revoyais récemment cette émission télévisée réalisée dans un moment du quinquennat Sarkozy qui rappelle celui que nous vivons. L’affaire Woerth venait d’éclater et la réforme des retraites était mise sur les rails. Déjà. Les commentateurs réunis par Michel Field s’inquiétaient alors de la gravité de la crise morale. Ils pointaient la responsabilité d’un système et les dégâts dans les classes populaires du rapport à l’argent révélé par l’affaire Woerth. Sur le plateau, Olivier Duhamel mettait en cause la Cinquième République. « Il y a un problème de système politique. Nous avons un système politique qui n’est pas apte à gérer ces crises parce que tout est concentré, parce que tout est monopolisé. Et parce qu’avec la monocratie hyperprésidentialiste de Nicolas Sarkozy ça s’est aggravé. Alors que dans d’autres pays, d’une part toucher un ministre, ce n’est pas toucher le président de la même manière, parce qu’un ministre a une autonomie qu’il n’a pas ici. Et parce que d’autre part, dans des systèmes comme les démocraties parlementaires, dans le pire des cas, vous avez démission du premier ministre et nomination d’un nouveau premier ministre. Et ce n’est pas dramatique. En France, vous ne pouvez pas faire ça. En France, la démission du premier ministre ça ne sert à rien et la démission du président de la République c’est un cataclysme. » Je n’ai pas vu si Olivier Duhamel est venu manifester le 5 mai. Mais je vois bien que Hollande répond à cette crise par une pratique renforcée de la monocratie présidentielle : déshabillage en place publique des membres de son gouvernement, humiliation des parlementaires, à commencer par le président de l’Assemblée Nationale, refus de l’amnistie sociale votée par les sénateurs PS le jour de la commission des lois à l’Assemblée, remaniement annoncé « le moment venu » histoire de rappeler qui nomme les ministres et les mettre tous sur le grill… Hollande fait exactement ce que fit alors Sarkozy pour traverser la tempête. Cela n’a rien d’original. Il applique le conseil qu’adressait dans cette même émission le directeur de la rédaction du Figaro à Sarkozy : « parler vite, remanier ferme et agir fort ». Mais il y a une grande différence entre ces deux moments. A cette époque, Sarkozy était à la veille de la présidentielle. Les Français avaient la possibilité de le sanctionner à brève échéance. La proximité du vote a offert une soupape à la colère. Cette fois, il reste 4 ans dans ce quinquennat. Vu le tunnel de souffrances qui s’annonce, il est illusoire de compter sur la patience du peuple. Nous voilà donc appelés à redoubler nos mobilisations. Car sinon, à s’entêter de la sorte, le pouvoir annonce un an II fois pire. Crédit photo photosdegauche.fr (michel_soudais INTERNATIONAL : Le Parti de Gauche condamne les récents raids israéliens contre la Syrie Jeudi 9 Mai 2013, Le Parti de Gauche En fin de semaine dernière, l’aviation israélienne, après avoir une fois de plus violé l’espace aérien libanais, a mené plusieurs raids meurtriers et de grande ampleur contre des objectifs militaires en territoire syrien, dans les environs de Damas, provoquant d’importantes destructions et la mort d’au moins 42 soldats syriens. Le Parti de Gauche s’élève catégoriquement contre cet acte de guerre ouvrant la voie à toutes les surenchères, et demande sa condamnation sans équivoque par le Président de la République François Hollande. Demeuré discret jusqu’à présent dans le conflit syrien, Israël vient donc de s’y impliquer directement, accroissant dangereusement les risques de son internationalisation et d’un embrasement général de la région. Ce nouvel acte d’agression d’Israël, qui occupe déjà le Golan syrien depuis 1967, montre une fois de plus comment cet Etat bafoue les lois internationales, grâce à l’appui inconditionnel des Etats-Unis d’Amérique. Après plus de deux ans, le soulèvement populaire contre la dictature de Bachar Al-Assad s’est muée en une guerre entre puissances étrangères sur le territoire syrien, dont les civils sont les premières victimes. Toutes ces puissances étrangères, que ce soit les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie et Israël d’un côté, ou la Russie et l’Iran de l’autre, semblent déterminées à perpétuer ce conflit sanglant et à sacrifier le peuple syrien sur l’autel de leurs intérêts géopolitiques. Le Parti de Gauche dénonce une nouvelle fois toute politique belliciste d’où qu’elle vienne, visant à alimenter ce conflit qui a déjà fait plus de 70 000 morts et détruit inexorablement la Syrie. Il appelle à l’arrêt des combats et à la négociation, afin que le peuple syrien puisse enfin décider librement de son destin dans le cadre d’élections démocratiques. DIAPORAMA : 2013.05.05. Paris - Marche contre l’austérité, la finance et la 6ème République - 2013.05.05 - Marche pour la 6e République Mercredi 8 Mai 2013