ARTICLE VIE DE GAUCHE
•VOIR TOUS LES ARTICLES
•Vie de Gauche
Parti de Gauche Paris 13e
Expulsion de sans papiers

Vendredi 6 juillet, un collectif de sans-papiers investit un immeuble vacant rue du Chevaleret, dans le XIIIe arrondissement. Ils demandent des logements décents. Après avoir dépêché les forces de l’ordre sur les lieux, la préfecture prend un arrêté de péril et procède à l’évacuation de l’immeuble dimanche matin aux premières heures. Des militants, venus apporter leur soutien, racontent : de l’expulsion à la dispersion, chronique d’une maltraitance ordinaire...
7h50 – Lorsque nous arrivons sur les lieux, l’expulsion est terminée. Epuisées par deux jours de squat dans un bâtiment insalubre et surpeuplé, une cinquantaine de personnes se sont réfugiées sur une place adjacente, où elles font face à une ligne de CRS. Plus bas, l’entrée du squat est peu à peu murée.
Sur les visages se lisent lassitude et découragement, mais aussi un certain soulagement : l’expulsion s’est déroulée dans le calme, sans violence ni arrestation. Le nouveau gouvernement a respecté une tradition républicaine bien ancrée : on ne profite pas d’une action collective pour arrêter les sans-papiers. Il faudra malheureusement se satisfaire de ces petits soulagements : les familles expulsées vont rapidement le découvrir à leurs dépens.
8h30 - Les discussions s’engagent sur la suite à donner aux évènements, mais tournent vite en rond. Les expulsés réalisent peu à peu que le mouvement est fini et qu’ils n’ont pas obtenu ce qu’ils revendiquaient : des papiers pour certains, des logements pour d’autres. Certains proposent de rester camper sur place, d’autres de chercher un nouveau bâtiment à occuper. Ils le savent, le temps qui passe joue en leur défaveur. Peu à peu la fatigue gagne du terrain.

10h – Un vent glacé s’est levé, et la pluie commence à tomber. Un commissaire de police, surgi de nulle part, s’avance et nous interpelle d’un ton peu courtois : « Si vous n’êtes pas partis dans une heure, je fais intervenir mes troupes pour attroupement sur la voie publique ». La menace est claire même si la catégorie juridique invoquée est floue. Nous avons beau expliquer qu’il faudra sans doute plus d’une heure pour disperser le rassemblement, que certaines familles ne savent pas où aller ni où dormir, rien n’y fait. Il insiste : dans une heure l’attroupement sera dispersé de gré ou de force.
10h30 - Les expulsés, parmi lesquels on compte une femme enceinte de huit mois et une demi-douzaine de familles avec enfants en bas âge, se demandent avec anxiété où dormir cette nuit.
Nous proposons de solliciter le Samu Social de Paris. Dans notre esprit, les choses sont simples : l’accueil en hébergement d’urgence peut être sollicité par simple appel au 115 ; il est inconditionnel sans distinction de statut administratif. Le Code de l’Action Sociale et des Familles prévoit ainsi que « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès à tout moment à un dispositif d’hébergement d’urgence » (article 345-2-2).
Lire la suite sur le site du PG 75







