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Laurence Sauvage
On l’a viré !
Sauvage Laurence

C’est sur ce slogan que dimanche soir qu’à l’Usine, QG de campagne du Front de Gauche au Lilas, l’ambiance a commencé à se réchauffer. Parce qu’il fallait briser la tension, tant l’attente était lourde. Tant que le visage du nouveau Président de la République n’était pas affiché, rien n’était fait. Virer ce Président des riches. Virer ce Président qui nous a méprisés pendant 5 ans, nous, le peuple. C’est l’un de nos objectifs. Après avoir franchi la barre des deux chiffres lors du 1er tour, avec un score de 11,10 %, il nous fallait maintenant remplir ce second mandat.
20h00. Explosion de cris et de joie, celle d’avoir accompli le travail. Objectif atteint. Oui, on l’a viré. Nous, le Front de Gauche. Parce que sans nous, pas de victoire. Le Front de Gauche a été LA clef du second tour. « Sarkozy, c’est fini, enfin... »* c’est sur ces mots que Jean-Luc Mélenchon, qui nous a rejoint, fait une déclaration à la presse. Déclaration qui commence par un parfum d’espoir : on l’a viré !
Puis on se prépare à partir pour rejoindre les militants qui attendent pour fêter la libération de l’Elysée. Bastille ? Pas Bastille ? On tranche. Le rdv est donné place de la République pour y partir, en cortège, à la Bastille. Avec nos bannières, nos drapeaux, nos slogans, nos autocollants... oui, il faut prendre part à cette joie d’avoir battu la droite. Parce que nous le méritons. Parce que c’est notre place. Et parce que c’est nous, le Front de Gauche, qui avons rendu les dorures au Génie de la place de la Bastille avec le peuple le 18 mars 2012.
Nous partons en minis cortèges. La rue, puis le métro résonnent de nos slogans. Le peuple les clame avec nous. Dans la rue, les fenêtres s’ouvrent et les mains applaudissent, les « Bravo le Front de Gauche ! » fusent de partout. Magnifique ! Avec tous ces jeunes, ces femmes, ces hommes qui, pour la première fois pour certain-es, ont mené une campagne pour un candidat aux présidentielles, quel pied ! Quelle belle revanche !
Nous rejoignons un autre groupe à République, emmené par notre Co-Présidente et Députée de Paris, Martine Billard. Et hop ! En route pour la Bastille. Toujours les mêmes slogans, les drapeaux qui flottent, les autocollants collés partout. Et de plus en plus de réactions à mesure que nous approchons. Mais celui qui nous parle le plus, mis à part « On l’a viré ! », c’est « On lâche rien ! ». La réalité nous fait du bien. Pour le peuple comme pour nous, rien n’est fini. Une campagne s’arrête qui a déjà lancé la suivante. C’est parti pour le 3ème tour, qui va durer, durer...
Sur place, le Front de Gauche met le feu ! Le peuple est avec nous. C’est un besoin de fraternité et de retrouvailles, d’échanges, de pleurs et de sourires, de complicité. On partage les verres, on s’aide, on s’aime. Comme le 18 mars, Le Front de Gauche s’est retrouvé à la Bastille.
Aux « Merci le Front de Gauche ! Merci Jean-Luc ! » que nous entendons à chaque instant, nous répondons que pour nous, plus que jamais, la retraite c’est 60 ans à taux plein, que le SMIC c’est 1700 €, que la règle verte sera une règle de vie ; nous nous battrons pour le partage des richesses, de nouveaux droits pour les salariés, la régularisation des travailleurs sans papiers, la VIème République... nous sommes toujours en campagne quoi !
Camarades, pas de pause pour rendre le bonheur a tous. D’une part parce qu’on a réussi, parce qu’on l’a viré ! Et surtout, parce que dimanche soir les slogans et les cris chantés avec le peuple à la Bastille sont les nôtres, ceux du Front de Gauche.
En chantant avec nous, il nous a lancé un message.
On l’a entendu. On lâche rien. On continue. Place au Peuple !






